Georges BARRIÈRE

Georges Barrière est né à Chablis en 1881 dans l’univers du bois. Son père possédait la scierie mécanique, située au pâtis au bord du Serein, et était lui-même issu d’une lignée de scieurs de long. Rien ne le prédisposait à devenir un artiste peintre reconnu, si ce n’est son talent précoce de dessinateur.
A 19 ans, ses parents l’envoient étudier aux Beaux-Arts de Paris où il est remarqué pour ses qualités artistiques. Après un début de carrière prometteur, réformé mais patriote, il s’engage dans l’infanterie en 1914. Il découvre le terrible univers des tranchées. Il réalise des croquis de poilus aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Démobilisé, il revient à Chablis où il peint des portraits et des paysages, dont, en 1920, cette vue de Chablis depuis la vallée de Valmur. Acquise par Charles Bergerand et redécouverte récemment, cette toile est un témoignage rare de l’impact du phylloxera et de la guerre. Elle montre à quel point la culture de la vigne avait régressé.
Lauréat du prix de l’Indochine en 1934, il part pour Hanoï enseigner la peinture à l’école des beaux-arts créée quelques années auparavant. Entre autres activités, il dessine des billets de banque, des piastres, qui reflètent son sens de l’observation de la vie locale et qui font écho aux dessins d’André Maire. Il décède au Viet-Nam en 1944 à l’âge de 63 ans.

BARRIERE G 1 billet 5 piastres
BARRIERE Georges 1 billet 1 piastre
Barrière Georges vallée de Vamur 1920
BARRIERE Georges 3 billets banque Indochine verso

Jean Rathier

Issu d’une très vieille souche de vignerons chablisiens depuis plus de cinq siècles et présente sur la scène politique pendant plus de 100 ans, Jean Antoine Rathier fut aussi connu que son père Jules Rathier, député de Tonnerre de 1871 à 1887. Jules avait fait construire la vaste demeure dans le faubourg de Chablis dans la rue qui porte aujourd’hui son nom.

Né à Chablis le 11 novembre 1859 et après de brillantes études au lycée Rollin puis à la faculté de droit, Jean Rathier fut avocat à la cour d’appel de Paris ; auditeur au Conseil d’Etat ; chef-adjoint au cabinet du ministre des Postes et Télécommunications dans les ministères Freycinet et Goblet ; chargé de mission à Berne, à Berlin pour l’étude de diverses questions postales ; délégué à Bruxelles pour la signature de la première convention téléphonique entre la France et la Belgique. Anti boulangiste, il est élu député de l’Yonne en 1889.

A son programme : Révision de la Constitution, séparation des Eglises et de l’Etat, réforme de l’impôt, maintien des droits des bouilleurs de crus…Il s’inscrit au groupe Républicain-radical, est nommé membre de la commission du budget, secrétaire de la commission des douanes.

Les questions agricoles et viticoles retiennent son attention et il défend des positions protectionnistes. Il est alors conseiller général et président de la fédération des sociétés agricoles et viticoles du Centre et de l’Est.

Sa préoccupation principale était le sort des petits propriétaires vignerons de Basse Bourgogne au milieu desquels il avait vécu.

En 1893, il est réélu député et devient secrétaire de la Chambre à l’âge de 34 ans.

La maladie le surprend et lui enlève la vie le 5 janvier 1895 à Paris à l’âge de 36 ans sans être marié.

Ses obsèques auront lieu à Chablis. Plus de 1.500 personnes dont de très nombreux députés firent le déplacement jusqu’à sa dernière demeure.

Personnages Chablis Rathier Jean député