L’Hôtel-Dieu

L’Hôtel-Dieu

À l’époque médiévale, chaque ville, même la plus petite, possède au moins une institution hospitalière et charitable, connue le plus souvent sous le nom d’hôtel-Dieu ; on y reçoit et soigne malades et pauvres, au nom du Seigneur, dans le cadre des « œuvres de miséricorde » énoncées par l’Évangile et qui s’imposent à tout chrétien qui se veut digne de ce nom. Si l’on ne peut agir en personne, il est important d’aider, par des dons, les institutions collectives qui sont en charge de cette œuvre.

À Chablis, l’« hospice » est situé au sud, hors les murs de la ville basse, celle des chanoines de la collégiale Saint-Martin, sur le chemin, aujourd’hui la rue Jules-Rathier,  qui mène au faubourg Saint-Pierre, la « ville haute », artisanale et populaire. Le site est de nos jours occupé par l’Hostellerie des Clos.

De quand l’hôtel-Dieu de Chablis date-t-il, à l’initiative de qui a-t-il été fondé ? Faute de sources, on ne connaît pas les origines de notre établissement. Mais il est mentionné dans les archives à la date de 1367. Le second repère chronologique, mais qui reste très approximatif, est fourni par l’observation de la chapelle, seul vestige d’importance toujours visible de nos jours. Les différents éléments architecturaux ne nous permettent pas de remonter bien haut et semblent renvoyer au courant du XIVe, voire du XVe siècle.

Il est cependant certain que, au moins depuis le XVIe siècle, l’établissement est géré par des administrateurs placés l’autorité du prévôt civil de Chablis ; mais le service d’accueil et de soin est confié aux Religieuses hospitalières ; en 1824, les laïcs qui faisaient fonctionner l‘hôpital depuis la Révolution sont remplacées par des Religieuses appartenant à la congrégation des Sœurs de la Présentation de Tours, qui tiennent aussi une école dans les murs de l’hôtel-Dieu. Les lois anticléricales les chasseront des lieux en 1907.

Placée sous l’invocation de saint Jean-Baptiste, la chapelle, dont le chœur déborde sur la rue, date donc très probablement des XIVe ou XVe siècle. Bien que probablement remanié au XIXe siècle, le décor en faible relief de la  porte sud renvoie à cette époque. Sous un arc brisé, le tympan offre en son centre une croix sur piédestal encadrée par un arc trilobé.

Mais le bâtiment a subi de nombreuses modifications ; en témoigne la clef de voûte du sanctuaire, qui porte l’inscription suivante « LAUTEL DIEU 1622 ». De même, si l’on en croit la date gravée sur le mur extérieur du chevet, les baies de l’abside ont été remaniées, et probablement élargies, vers 1750.

Rendue au culte en 1807, la chapelle fut fermée sur ordre de la Municipalité quasiment un siècle plus tard, en 1906 exactement. Elle est classée aux Monuments Historiques depuis 1927. Sans cesse remaniés entre 1723 (date de construction de deux bâtiments distincts pour hommes et femmes) et 1957, les bâtiments de l’ancien hôtel-Dieu, par la suite hospice civil, puis maison de retraite, abritent aujourd’hui un restaurant réputé.

Bibliographie

Bonneau Gustave. «  La paroisse de Chablis et ses maisons religieuses et hospitalières », bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne,  1922, p. 164-166.

Base Mérimée (Ministère de la Culture)

Hôtel-Dieu à Chablis dans l'Yonne
Hôtel-Dieu à Chablis dans l'Yonne
Hôtel-Dieu à Chablis dans l'Yonne

Charles Bergerand 

Propriétaire de l’Hôtel de l’Etoile à Chablis

Originaire de Saint-Romans en Isère par ses lointains ancêtres puis ensuite de Trucy-sur-Yonne par ses arrière-grands-parents, Charles-Louis Bergerand est né à Chablis le 19 novembre 1879. Il épouse en 1905 Marie-Louise Colinon.

Son père, Charles Bergerand, né le 20 avril 1853, maître d’hôtel à Chablis avait épousé Marie-Joséphine Montarlot.

Son grand-père, Théodore Bergerand, né à Auxerre le 31 octobre 1818, ancien saucier des cuisines du roi Louis-Philippe aux Tuileries, marié à une chablisienne, Catherine Ducard, avait déjà fondé à Chablis en 1866 la maison Bergerand dans un ancien hôtel de poste.

A sa sortie de l’école en 1896, Charles-Louis est apprenti pâtissier à Beaune chez Barbier, puis apprenti cuisinier chez Goillot. Ensuite il fait ses classes comme chef de cuisine dans de grands restaurants à Paris et à Monte-Carlo, et rejoint la maison familiale en 1906. Il développe considérablement la maison « Bergerand » et assure la grande notoriété de son restaurant. Il contribue également à rendre encore plus célèbres les vins de Chablis servis à sa table.

On venait de loin chez Bergerand pour déguster le célèbre «jambon à la mode d’ici» (appelé plus tard jambon à la chablisienne), les écrevisses à la chablisienne, les escargots de Bourgogne, la fondue de poulet à la crème, le soufflé aux oranges

Située au cœur historique de Chablis, la grande bâtisse abritant cet hôtel-restaurant a échappé miraculeusement au bombardement du 15 juin 1940. Ses murs ont accueilli Aristide Briand, Jean Cocteau, André Gide, Raimu, Sacha Guitry, le roi d’Espagne Alphonse XIII

Le « grand Charles », décédé en 1954 sans enfants, a laissé ses fourneaux au début des années 1950 à son petit-neveu André Roy, originaire de Fontenay-prés-Chablis.

Après plusieurs repreneurs, «l’Etoile Bergerand» avait pâli. Grâce à d’importants travaux envisagés à partir de 2023, elle devrait à nouveau briller dans le ciel chablisien.

Charles Bergerand, jeune, chef à l'hôtel restaurant Bergrand à Chablis
Charles Bergerand, chef à l'hôtel restaurant Bergrand à Chablis

Église St-Sébastien de Milly

Église St-Sébastien de Milly

Milly (Chablis)
et
son église Saint-Sébastien

église St-Sébastien de Milly
Milly église intérieure

La terre de Milly

Milly apparaît dans l’histoire au VIIe siècle, quand l’évêque d’Auxerre Didier (mort en 623) donne au clergé de sa cathédrale les vignes qu’il possède à Milly (« Milliacus ») avec vignerons et serfs.
(On ignore s’il s’agit là d’un bien familial ou des terres qui appartenaient déjà au patrimoine des évêques d’Auxerre)

Avant 735, l’évêque Hainmar donne la « villa » (grande exploitation agricole) qu’il possède à Milly (« Miliciacus ») à l’hospice d’Auxerre qui dépendait de la cathédrale.

En 1239, le bourg de Milly est désigné dans les archives de l’abbaye cistercienne de Pontigny, toute proche, sous le nom de « Miliacus propre Chableia » (Milly-près-Chablis)

Au Moyen Âge, les paroisses de Beine et de Poinchy (et donc Milly) relèvent du patronage du prieuré bénédictin de Griselles (Châtillonnais, en Côte d’Or), lui-même dépendant de la puissante abbaye St-Germain d’Auxerre. Le prieuré en récolte en effet la dîme (impôt ecclésiastique).

Si la seigneurie de Milly semble donc à l’origine relever des évêques d’Auxerre (bien que le village soit situé dans le diocèse de Langres), elle passe assez tôt entre des mains laïques, ce qui est attesté dès le XIIIe siècle, et le reste jusqu’à la Révolution.

église Saint-Sébastien

C’est en réalité une simple chapelle, bâtie au début du XVIIIe siècle ; en 1719, la famille seigneuriale des Boucher intervient auprès de l’évêque de Langres et obtient de ce dernier que la chapelle soit érigée au rang d’annexe de la paroisse de Poinchy ; les Boucher achètent une maison pour loger le vicaire résident, lui attribuent une rente annuelle et font l’acquisition pour l’église d’un terrain destiné à servir de cimetière.

La façade de l’église est austère et l’extérieur dans son ensemble d’une grande sobriété. Seule, la masse de l’imposant clocher, peut surprendre.

A l’intérieur, l’édifice présente une nef unique aboutissant à une travée droite de chœur et un sanctuaire semi-circulaire. L’ensemble est couvert d’un plafond en plâtre. Deux chapelles, elles aussi plafonnées, flanquent la nef avec laquelle elles communiquent par une large arcade en plein cintre ; celle du nord est dédiée à la Vierge, tandis que celle du sud est sous l’invocation de saint Nicolas.

Milly autel de l'église

Le mobilier de cette église pourtant modeste est cependant tout-à-fait digne d’intérêt :

Tableau :

au retable du maître-autel, belle copie du XVIIe s. de la Sainte Famille (ou « Sainte Parenté ») de Raphaël, dont l’original, daté de 1518, est conservé au Louvre.

Maule Grande Sainte Famille
Milly église rétable
Milly église rétable

Statues :

Crucifix
monumental) bois XVIIe ? (mur nord de la nef)

Milly Eglise Grand Crucifix Chablis Yonne

Vierge à l’Enfant
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue Vierge à l'Enfant - église de Milly

saint Sébastien
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue saint Sébastien église de Milly Chablis Yonne

saint Nicolas
pierre XVIIe (niche chapelle sud)

Statue saint Nicolas église de Milly Chablis Yonne

saint Eloi
pierre XVIIe (chapelle sud)

Statue saint Eloi église de Milly Chablis Yonne

sainte Catherine
pierre XVIIIe (chapelle sud)

Statue sainte Catherine église de Milly Chablis Yonne

Statuettes :

saint Nicolas (mutilé)
pierre XVIe (dépôt chapelle sud)

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

saint abbé priant à genoux
marbre XVIe (chapelle nord)

Milly Eglise Statuette abbé en prière Chablis Yonne

Meubles :

Maître-autel XVIIIe s. à retable dit « monumental » ou « architectural » à l’antique
(colonnes, chapiteaux de style « ionique », entablement).

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

Vestiges d’une clôture de chœur en bois, du XVIe (mur sud de la nef)
(style gothique, avec décor « en plis de serviette »)

Clôture de chœur - église Milly Chablis

Divers :

Pierres tombales de la famille des Boucher,
seigneurs de Milly (XVIIIe), au sol de la chapelle nord

Cloche, bronze, 1766, baptisée « Ste Catherine-St Edme-St Pierre »
Edme Boucher, seigneur de Milly + 1783 / Catherine : C. Guyon, épouse d’Edme Boucher, + 1778

Vitrail de la chapelle sud : réemploi (vers 1950-60 ?) d’une tête de saint Sébastien (XIXe) replacée au centre d’un faisceau de flèches.
Soldat romain converti au christianisme au IIIe siècle et persécuté, Sébastien fut selon la tradition attaché à un arbre et percé de flèches. Il est le saint patron des archers, des armuriers et des policiers

Vitrail saint Sébastien église Milly Chablis

Bannière,
toile et carton peint, XIXe s. (d’un côté saint Sébastien, patron de la paroisse et, de l’autre, saint Vincent, protecteur des vignerons).

Le petit Pontigny

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

 

Le Petit Pontigny Chablis

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

En 1992, la ville de Chablis loue le bâtiment dit « l’ancien Hôtel Gras » au Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (B.I.V.B.) qui y installe son antenne icaunaise.

Prochainement sur le site historique du Petit Pontigny de Chablis deviendra « La Cité des vins »

Les travaux devraient débuter cet été pour une ouverture prévue pour l’été 2022.

Le nouvel ensemble s’étendra sur près de 1.000 mètres carrés.

Au programme une offre culturelle pédagogique pour découvrir l’univers des vins de Chablis, du grand Auxerrois et du Chatillonnais.