Tableau la « Sainte Famille » Eglise de Milly

Tableau la « Sainte Famille » Eglise de Milly

Tableau "Sainte Famille" église Milly

Tableau "Sainte Famille" église Milly retable Chablis Yonne

La « Sainte Famille »

En 1629, de retour d’un long séjour en Italie, Simon Vouet réalise pour l’église Saint Nicolas des Champs à Paris un retable de grande taille représentant une façade simplifiée d’une église romaine. Par effet de mode, le tableau d’autel, souvent offert par un seigneur ou un notable, devient un incontournable dans la moindre église.
Il n’est donc pas étonnant de trouver dans l’église Saint Sébastien de Milly, construite au début du XVIIIe siècle, un tableau d’autel.

Mais ce n’est que très récemment qu’il a attiré l’attention. Renaud Benoit-Cattin, conservateur du patrimoine travaillant pour la DRAC, l’identifie en 2016. En 2020, il le fait inscrire dans la base Palissy sous le numéro PM89003812 avec le descriptif suivant : Sainte Parenté d’après la Grande Sainte Famille de François 1er de Raphaël (tableau à Paris, musée du Louvre), huile sur toile XVIIe siècle.
L’original est lié au concordat de Bologne, signé en 1516 entre François 1er et le pape Léon X Médicis. Suite à la bataille victorieuse de Marignan, le roi de France est en position de force. Il obtient le droit, pour lui et ses successeurs, de décider seul de la nomination des hauts dignitaires ecclésiastiques et donc d’attribuer, selon des critères parfois plus politiques que religieux, ces postes prestigieux et lucratifs.

Le pape Léon X par Raphaël

Le pape Léon X par Raphaël

François 1er par Jean Clouet

François 1er par Jean Clouet

Le traité s’accompagne, comme le veut l’usage de l’époque, d’un mariage. Ce sera celui de Laurent de Médicis, neveu du pape avec Madeleine de la Tour d’Auvergne, fille du comte d’Auvergne, mariage donnant naissance à Catherine de Médicis. Comme cadeau, le pape commande à Raphaël trois tableaux destinés à la cour de France. Ce sont : le Grand Saint Michel, Sainte Marguerite et la Grande Sainte Famille de François 1er. Reçus par la cour de France en août 1518 et conservés au Louvre, ces tableaux sont dans la salle de peintures italiennes qui précède celle de la Joconde.  

Raphaël dispose alors à Rome du plus grand atelier de peinture de toute l’Europe, et a une position hégémonique à Rome, mais il est submergé de commandes. Cependant, ces trois œuvres sont conçues et exécutées en quelques mois et avec un soin particulier, par égard au commanditaire papal et au destinataire royal, mais aussi parce que l’artiste est désireux d’affirmer son nouveau style. Depuis son installation à Rome vers 1508, il a intégré les apports de ses deux grands rivaux, Léonard de Vinci et Michel-Ange. Il a assimilé le clair-obscur et le sfumato du premier, et la puissance plastique, la forme majestueuse et dynamique du second, aboutissant à une synthèse éminemment personnelle où les excès sont gommés au bénéfice d’un équilibre supérieur.

La Grande Sainte Famille témoigne du style tardif de Raphaël par la monumentalité des figures inspirées de Michel-Ange et la maîtrise spatiale et le luminisme sombre de Léonard de Vinci. 

Le groupe de la Vierge à l’enfant trône au milieu de la composition. Marie, dans sa robe rouge, orientée vers la gauche, assise en appui sur l’extrémité de son pied gauche chaussé d’une sandale, soutient l’Enfant Jésus, nu, sortant de son berceau en bois sculpté, dont la jambe droite est encore sur un coussin blanc à gland doré. Leurs pieds reposent sur un sol à tomettes, chiqueté de marbre, sont les seuls visibles. À la Renaissance, carrelages et tomettes participent au rendu de la perspective.

A gauche du tableau, Élisabeth, visage buriné et main calleuses, portant turban, tient serré dans ses bras le petit Saint-Jean, dont les mains jointes semblent attraper, par effet perspectif, l’auréole de Jésus.

Au-dessus de Marie, un ange porte une couronne de fleurs, célébration de la reine des Cieux ou allusion à la récente maternité de la reine Claude de France (troisième enfant mais ainé des garçons).

On aperçoit Joseph dans la partie haute à droite. Il est appuyé sur le coude gauche, le bras droit replié sous lui, dans une pose songeuse, la tête reposant sur sa main gauche repliée vers le bas, regardant vers la mère et l’enfant. Joseph semble interpréter et commenter silencieusement la scène. 

Il y a très nettement une volonté d’humaniser la scène. Même si tous les personnages saints portent une auréole, celle-ci est limitée à un cercle doré et fin. 

La composition se termine par une ouverture en haut à gauche dévoilant un petit paysage brumeux de montagnes bleutées, c’est la seule respiration. 

Pour le reste, l’influence du maniérisme est visible. Le cadrage est serré sur un grand nombre de personnages placés pratiquement sur le même plan et cela donne un effet d’étouffement. Le fond compte peu et ne creuse pas beaucoup. Raphaël veut que le regard reste sur le plan important avec un jeu de courbes et de contre-courbes qui animent la composition. On a une courbe pour la Vierge dont le corps forme un S (ligne serpentine). Sa tête est assez petite et idéalisée comme les personnages principaux. Les musculatures très dessinées, l’Enfant Jésus potelé, c’est l’influence de Michel-Ange. Dans la palette, on voit apparaître la demi-teinte. Enfin, on a un effet de clair-obscur que ne renierait pas Léonard de Vinci. La composition est dynamique : l’Enfant s’élance de son berceau, comme le Ressuscité jaillira de son tombeau, pour se précipiter dans les bras de sa mère et cet élan est déterminé par l’allégresse, même si la croix de Saint Jean symbolise la crucifixion.

François 1er par Jean Clouet

François 1er recevant la Grande Sainte Famille par Anicet Charles Lemonnier

Le pape Léon X par Raphaël

La Grande Sainte Famille par Raphaël

Raphaël sur son lit de mort et Léon X par Pierre Nolasque Bergeret

Raphaël décède le 6 avril 1520, jour du Vendredi Saint, âgé de seulement 37 ans. Un véritable roman se développe après sa mort, il est comparé à une réincarnation du Christ. Même son aspect physique, barbe et cheveux longs et raides séparés au centre, que nous connaissons par sa toile « Autoportrait avec un ami » évoque de façon troublante l’effigie du Christ. 

La Grande Sainte Famille va faire l’objet d’un grand nombre de copies, le mot copie n’ayant pas la connotation négative que nous lui attribuons aujourd’hui. La plus remarquable est réalisée par le premier assistant de Raphaël, Giulio Romano, et se trouve en Charente dans le chœur de l’église Notre Dame de Courson. Elle a été donnée par la famille de La Rochefoucauld à l’occasion d’un baptême. Une autre de très belle qualité, peinte par Jean Michelin au XVIIe (Inv. 643, MR 448) se trouve au Louvre. Mais, pour celle de l’église de Saint-Sébastien de Milly, force est de constater que nous ne connaissons ni le nom de l’auteur, ni celui du donateur, ni même la date précise de son installation.
L’engouement pour Raphaël reprend de plus belle au XIXe. Ses œuvres sont copiées sur toutes sortes de supports, les miniaturistes et les peintres sur porcelaines s’en donnent à cœur joie, les copies se vendent bien. À titre d’exemple, madame Varcollier, spécialiste du genre, vend trois copies de la Sainte Famille en 1820 (800 frs), 1830 (1.800 frs) et 1850 (2.000 frs). Autre exemple, l’église de Lamagdelaine à Cahors possède une copie de la Sainte Famille réalisée par madame Zaleska en 1891, tandis qu’au Québec un couvent de dames Augustines possède une copie déposée en 1884. Bien plus proches de nous, dans l’Yonne, les églises de Chevillon (Charny) et Coulanges la Vineuse renferment également des copies de la Sainte Famille.

Projet d’aménagement de la grande galerie au Louvre par Hubert Robert

Albert Rocher

Albert Rocher

Fils de maréchal-ferrant, Albert Rocher (1880-1956), est né et décédé à Crain (Yonne). Il a longtemps été l’instituteur de Milly, classe unique, l’école n’ayant pas dépassé la vingtaine d’élèves. Fin observateur, membre de la Société des Sciences de l’Yonne et de la section de l’Yonne des études locales dans l’enseignement public, ami du maire et des vignerons, il a laissé divers documents tant sur l’histoire de Milly que sur la vie de ses contemporains à Milly.

 

Georges BARRIÈRE

Georges BARRIÈRE

Georges Barrière est né à Chablis en 1881 dans l’univers du bois. Son père possédait la scierie mécanique, située au pâtis au bord du Serein, et était lui-même issu d’une lignée de scieurs de long. Rien ne le prédisposait à devenir un artiste peintre reconnu, si ce n’est son talent précoce de dessinateur.
A 19 ans, ses parents l’envoient étudier aux Beaux-Arts de Paris où il est remarqué pour ses qualités artistiques. Après un début de carrière prometteur, réformé mais patriote, il s’engage dans l’infanterie en 1914. Il découvre le terrible univers des tranchées. Il réalise des croquis de poilus aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Démobilisé, il revient à Chablis où il peint des portraits et des paysages, dont, en 1920, cette vue de Chablis depuis la vallée de Valmur. Acquise par Charles Bergerand et redécouverte récemment, cette toile est un témoignage rare de l’impact du phylloxera et de la guerre. Elle montre à quel point la culture de la vigne avait régressé.
Lauréat du prix de l’Indochine en 1934, il part pour Hanoï enseigner la peinture à l’école des beaux-arts créée quelques années auparavant. Entre autres activités, il dessine des billets de banque, des piastres, qui reflètent son sens de l’observation de la vie locale et qui font écho aux dessins d’André Maire. Il décède au Viet-Nam en 1944 à l’âge de 63 ans.

BARRIERE G 1 billet 5 piastres
BARRIERE Georges 1 billet 1 piastre
Barrière Georges vallée de Vamur 1920
BARRIERE Georges 3 billets banque Indochine verso
Fête des vins de Chablis : le phylloxera

Fête des vins de Chablis : le phylloxera

Fête des vins de Chablis : le phylloxera

25 & 26 octobre

Profitez de ces deux journées exceptionnelles de la Fête des vins de Chablis et venez découvrir notre stand boulevard Tacussel.

Chablis, terre d’histoire vous racontera l’histoire du phylloxera à Chablis : une crise, une renaissance.

  • L’avant crise dans l’Yonne
  • Le puceron vecteur de la crise
  • La crise à Chablis
  • Les plants américains
  • La renaissance du vignoble

Fête des Vins de Chablis: Un très beau succès pour notre exposition « Le phylloxéra, une crise, une renaissance »

Fête des vins Chablis 2025

Les Journées Européennes du Patrimoine 2025 à Chablis

Les Journées Européennes du Patrimoine 2025 à Chablis

20 & 21 Septembre

Profitez de ces deux journées exceptionnelles

pour venir découvrir les richesses de notre patrimoine historique chablisien !

La participation de « Chablis, terre d’histoire » aux JEP 2025 les 20 et 21 Septembre :

Visite historique de la ville de Chablis :

Rendez-vous le samedi et le dimanche devant l’Office du Tourisme à 14h00.

Durée deux heures.

Gratuit.

La collégiale Saint-Martin

Ouverture au public le samedi 20 et le dimanche 21 de 9h30 à 19h00

Découverte commentée des tableaux

Le samedi et le dimanche à 16h30 à la collégiale:

Durée une heure.

Gratuit.