La mairie de Fyé
Annexe de la mairie de Fyé dans l’Yonne
Annexe de la mairie de Fyé dans l’Yonne
La toute première mention de rues dans Chablis date de 1198, époque de la construction de la collégiale. Il s’agit d’un accord conclu entre le seigneur de Chablis, en l’occurrence l’abbaye Saint-Martin de Tours via les chanoines de Chablis, et l’abbaye de Pontigny. Il y est précisé que les moines de Pontigny auront « la libre jouissance de leur bâtiment situé dans le faubourg de Chablis qui est au-dessous de (ce qui signifiait alors entre) trois voyes ». Au fil des siècles, on retrouve mention de ces trois voies ou rues « proches et au-devant du prieuré Saint-Cosme ». Ces trois rues sont aujourd’hui la rue du Puits (l’ancienne rue du Saulce, où se trouvait un grand saule), la rue Jeanne d’Arc (l’ancienne rue de Saint-Côme) et la rue de Chichée. Le bâtiment cité est le site historique du cellier du petit Pontigny, aujourd’hui le domaine de l’enclos.
Un « livre rouge » de la prévôté, nommé ainsi en raison de sa couverture en cuir rouge et datant de 1429 nous est parvenu. Il recense les dîmes dues au prévôt et cite certaines rues de Chablis.
Des places aussi ont changé de nom
Certaines rues ont disparu au fil des ans et en particulier suite au bombardement du 15 juin 1940, à l’incendie qui s’en est suivi, et à la reconstruction : la rue de la Halle en partie (reste la partie rue de Lattre de Tassigny), la rue du Marché (il en reste l’impasse), la rue des deux Ponts (il en reste la rue du Pont), la rue Saint-Laurent (partie restante Rampon Léchin), la ruelle Molière, la ruelle Pilotelle. La place Emile Lamotte a été créée à l’emplacement de maisons détruites. L’aménagement du parking de la place Saint-Martin en 1967 a fait disparaître la rue de l’Ouest, la rue de l’Est et la rue de l’Echelle.
Des noms de rue évoquent des climats plantés en vigne : rue des Butteaux, rue de Montmains, rue de Séchet, rue de Châtain, rue de Beugnon, rue des Lys, rue de Séchet, rue des Epinottes, rue de Valvan.
Certaines dénominations sont simples à comprendre, rue des Moulins, des Fossés, du Four, de l’Hôpital, du Serein, de Derrière les Murs. Il en va de même pour les rues des Cordonniers, des Argentiers, des Vieilles Boucheries, des Juifs (quoique Juifs puisse avoir un sens plus large qu’aujourd’hui), rue de la Croix Duché (autrefois connue sous le nom de route de Courgis), rue du pressoir, rue des vendanges.
D’autres nécessitent d’être explicitées. Rue du Foulon renvoie à l’ancienne ferme du Foulon, et à l’autorisation donnée par la ville de Chablis vers 1829 d’y établir un foulon ou fouloir à draps. Rue du Tacot, du nom du train omnibus qui passait par Chablis. Rue de la Bretauche vient du mot brette, bretesche, sans doute une ancienne maison forte entre Chablis et Poinchy, un site archéologique a été identifié. Autre site archéologique la rue des Petits Dieux, près du lieu-dit éponyme, où ont été découvertes en 1885 deux statuettes de dieux lares, les dieux du foyer pour les romains. La rue de Moque Panier, près du lieu-dit du même nom, signifie terre pauvre, pauvre récolte. La rue de la Vieille Voie, près du lieu-dit éponyme renvoie à la voie romaine Auxerre à Tonnerre. Elle passait près de l’actuelle gendarmerie et traversait à gué le Serein près de l’actuel camping municipal pour rejoindre Collan par « la Montée de Tonnerre. »
Au fil des ans, certains noms de rue ont été déformés. La rue du Cantara était la rue du cantora, nom du chantre en latin, le responsable de la lecture et du chant à la collégiale. Le chapitre y possédait une propriété. La rue du champ du Fort était la rue du champ du Port, lieu d’entreposage des feuillettes (tonneaux) de vin avant leur départ en charrette pour le port fluvial d’Auxerre. La rue et le quai de Reugny sont une déformation de Reigny. L’abbaye de Reigny, située près de Vermenton possédait à Chablis autrefois des vignes, un cellier, et un four à proximité de l’actuel Domaine Billaud-Simon. La cour et la ruelle Hachon, en intermédiaire à Chon, renvoient à un ancien chablisien, du nom de Charton. Un autre chablisien cité en 1429, Perrin Poire, a eu une rue à son nom avant qu’elle ne devienne rue Poirin-Poire.
La construction de lotissements a fait apparaître une autre approche de noms de rue : rue des Pervenches, allée des Roses, allée des Lilas.
Trois boulevards ont été créés sur le glacis entourant les remparts, le boulevard Foy devenu Tacussel, le boulevard Jean-Jacques Rousseau devenu Ferrières (jumelage Chablis Ferrières), et le boulevard Lamarque.
Des grands hommes sont honorés. Des maréchaux ; Davout, de Lattre de Tassigny, Leclerc ; le général Lamarque, le général De Gaulle, Emile Zola, Victor Hugo, Aristide Briand, Jean Jaurès, Voltaire, Louis Pasteur. Mais aussi Paul Louis Courrier, Marcelin Berthelot, Abel Hovelacque, Ernest Renan, Benjamin Constant, Etienne Dolet, Jacques Laffitte, le Chevalier de la Barre.
D’anciens chablisiens ont leur rue : Jean Lerouge, l’abbé Foullot, Rampont Léchin, Molleveaux, Jules Rathier Jules Folliot, Jules Philippe, Joseph Tacussel, Emile Lamotte, Louis Bro, l’abbé Duchâtel, Robert Fèvre.
Une seule femme est présente parmi tous ces hommes, il s’agit de Jeanne d’Arc et elle est honorée en raison d’une légende locale. Son procès nous dit qu’elle est passée par Auxerre en 1429, de là en déduire qu’elle a dormi peu avant au prieuré Saint-Côme de Chablis, le doute est permis. Peut-être sera-t-elle rejointe un jour par Marie Soufflot, parente de l’architecte du Panthéon, donatrice et fondatrice en 1709 de la première école de filles de Chablis.
L’une des dernières rues inaugurées à Chablis est la rue de la Paix, rue de la salle « le Kimméridgien ». Elle complète la rue de l’Europe et la rue de la Liberté et nous rappelle la chance que nous avons de vivre en France…et à Chablis.
Le club des grands donateurs départementaux se réunit deux fois par an.
En cette fin d’année 2025, ils ont choisi Chablis pour se retrouver autour d’un thème très important :
Acter le choix des projets qui vont recevoir leur dotation spécifique pour 2025.
A l’occasion de cette journée, Isabelle Steinmann et Yves Genty, responsables du club de l’Yonne, ont adressé une invitation
à « Chablis, terre d’histoire ».
La délégation était emmenée par Jean-Christophe Bonnard délégué régional et Stéphane Ménégon, chargé de mission – responsable régional.
Les participants ont suivi avec le plus grand intérêt une visite historique depuis le cœur de ville avec la collégiale Saint-Martin et ses tableaux, jusqu’au prieuré Saint-Côme et à l’église Saint-Pierre.
Notre association a pu montrer et mettre en valeur les richesses du patrimoine historique de Chablis.
Très intéressés par cette découverte, les participants ont constaté:
Une fois encore les Journées Européennes du Patrimoine ont permis à notre association de mettre en valeur et faire connaître le patrimoine historique de la ville de Chablis. 2025 a vu une grande nouveauté : Nous offrons au public une visite documentée de la collégiale Saint-Martin sur le site BellesEglises :
« C’est en rangeant les affaires de ma mère, qui était antiquaire à Chablis, que j’ai découvert, glissées dans son livre de cuisine, ces fiches de recettes publiées par Charles Bergerand, propriétaire et chef de cuisine de l’HôteI de l’Etoile. Il en faisait cadeau à ses bons clients. On peut les dater des années 1930-40.
Avec crème, beurre et vins de Chablis, on s’adressait à des gourmands solides… »
Guillaume Dufour, membre fondateur de Chablis, terre d’histoire.