Albert Rocher

Albert Rocher

Fils de maréchal-ferrant, Albert Rocher (1880-1956), est né et décédé à Crain (Yonne). Il a longtemps été l’instituteur de Milly, classe unique, l’école n’ayant pas dépassé la vingtaine d’élèves. Fin observateur, membre de la Société des Sciences de l’Yonne et de la section de l’Yonne des études locales dans l’enseignement public, ami du maire et des vignerons, il a laissé divers documents tant sur l’histoire de Milly que sur la vie de ses contemporains à Milly.

 

La vigne à Milly en 1913

La vigne à Milly en 1913

La vigne à Milly à la veille de la première guerre mondiale

Le texte ci-dessous est extrait d’un mémoire rédigé en 1913 par Albert Rocher, instituteur à Milly. Ce mémoire nous est parvenu grâce à Robert Fèvre qui l’a recopié, annoté et illustré en 1956. Dans un souci de compréhension, quelques mots ont été remplacés par des équivalents plus employés aujourd’hui, par exemple chardonnay au lieu de pinot blanc.

Bien que la surface occupée par la vigne soit inférieure à celle des terres labourables, les habitants de Milly sont avant tout vignerons ; la principale de leurs ressources est la vigne qu’ils soignent avec amour. Ils y consacrent la majeure partie de leur temps, et considèrent la culture proprement dite comme un pis-aller, permettant de vivre sans grandes dépenses durant les années calamiteuses, si fréquentes durant la période que nous venons de traverser.

En 1856, la statistique accuse 110 hectares de vignes, en 1882, nous tombons à 92 hectares ; puis à 55 hectares en 1911 dont 5 hectares phylloxérés qui seront arrachés l’année suivante.

Les premières taches phylloxériques sont apparues en 1889. Sans retard, on se met à traiter au sulfure de carbone, et grâce à l’emploi d’engrais et d’amendements à haute dose, on parvint à garder jusqu’à ces dernières années une partie du vignoble.

1892 marque le début de reconstitution sur Riparia. Le Riparia est très résistant au phylloxéra, mais il exige une terre riche, meuble et fraîche. Au bout de quatre ans à Milly, la vigne greffée sur Riparia est fructifère, mais elle jaunit facilement. Aussi la deuxième étape de la reconstitution est marquée par le choix du Rupestris du Lot comme porte-greffe. Mais ce dernier donne des vignes qui n’entrent en plein rapport que vers l’âge de 7 ou 8 ans ; il présente des grappes avant cette époque, mais comme disent les vignerons, le Rupestris du Lot « mange son fruit ». La troisième étape est marquée par l’emploi du Mourvèdre-Rupestris 1202, qu’on a commencé il y a cinq ou six années ; ce porte-greffe est plus résistant au calcaire et il donne des fruits nombreux, pourtant quelques vignerons pensent qu’on reviendra au Rupestris du Lot qui paraît plus vigoureux et plus durable, malgré ses inconvénients.

Pour reconstituer un hectare, à raison de 8.000 ceps à l’hectare, il faut prévoir 160 francs en travaux préparatoires et 1.200 francs pour l’achat de plants greffés racinés. L’hectare de vigne de Léchet valait 10.000 francs en 1794, le double d’un hectare de pré. Que de réflexions ne suggèrent pas ces prix fantastiques si l’on songe qu’en 1912, l’hectare de vigne de cet endroit ne fut péniblement vendu que 2.000 francs. Suivant la qualité et l’abondance de la récolte, une feuillette de 132 litres peut valoir de 80 à 200 francs, vin logé et clair.
Milly, lors de la reconstitution, s’en est tenu à l’antique chardonnay, afin de conserver ; avec Chablis, la vieille réputation mondiale de ses vins. Ceux de la côte de Léchet notamment, pourraient rivaliser avec les premiers crûs chablisien. Le Censier de 1757 nous apprend d’ailleurs en quelle haute estime fut toujours tenu le vin blanc de Léchet.

En 1875, année d’abondance, on rentre 4.000 hectolitres de vin ; les déclarations de récolte sont de 1.800 en 1908, 1.200 en 1909, 2 en 1910, 600 en 1911 et 311 en 1912. Une année normale permettrait d’espérer, avec l’étendue actuelle des vignes, un total de 2.000 hectolitres. Le vin rouge, récolté par les vignerons pour leur consommation personnelle, n’entre pas en ligne de compte dans toutes ces évaluations.

A mesure que le vignoble se réduit, le nombre des animaux de la ferme s’accroit. Pour les vaches, la race normande prédomine et le lait est vendu chaque matin aux épiciers de Chablis. Pour les vignerons, une raison milite en faveur de la vente immédiate du lait plutôt qu’en sa transformation en beurre ou fromage, c’est que la main d’œuvre agricole devient excessivement rare. La qualité des vins blancs fait qu’ils ne descendent jamais au-dessous d’un certain prix encore rémunérateur, aussi voyons-nous rarement les fils de propriétaires se déraciner pour entrer dans les bureaux ou émigrer à la ville. Il existe cependant dans la population une partie flottante de journaliers et ouvriers agricoles et la population de Milly, qui était de de 248 habitants en 1866, n’est plus que de 202 en 1912.

Une partie des travaux de la vigne sont dévolus à la femme. Après le taillage, elle est chargée de fixer le cep aux échalas, puis c’est l’ébourgeonnage, l’attachage, le rognage, qui sont plus absorbants qu’au temps où la vigne était d’origine française ; avec les plants greffés, la sève est plus généreuse et les vignerons s’accordent à dire qu’un travail est à peine terminé, qu’il est temps de recommencer.

Pour réduire cette intervention de la femme qui l’éloigne des travaux d’intérieur, il faudrait conduire la vigne sur fils de fer, mais le plant cultivé ne s’y prête guère ; la vigne dirigée sur fil de fer exige une taille courte, alors que le chardonnay, plant peu fructifère, exige une taille longue pour obtenir plus de production. Jusqu’alors, on n’a fait que de timides essais. Il serait intéressant pour le vigneron de rechercher un système de taille s’adaptant à son plant ainsi conduit et de se rendre compte si l’économie de main-d’œuvre et d’échalas ne compense pas la moins-value en vin récolté.

Conclusion
Il me revient que le poète Frédéric Bataille conclut ainsi son dialogue entre le parisien et le paysan, qui l’un et l’autre louent le charme de leur résidence :
« Si mon village est un lieu sans histoire, dans tout mon rêve il n’est rien d’aussi beau ! ». Au citadin qui lui vantera la ville et ses squares, ses monuments, ses salles en amphithéâtre et son passé historique, j’imagine volontiers, le vigneron répondant :
« J’aime mes sentiers et mes pentes verdoyantes ; et quand, au haut de ma vigne, je redresse mon corps meurtri, par-delà le coteau j’évoque la France entière, mais je reviens avec amour à la vieille place du village, qui s’étale dans la vallée, et je songe aux ancêtres qui s’y assemblaient pour discuter ; non loin du vieux cimetière où leurs os blanchissent, j’aperçois mes enfants qui jouent bruyamment, j’entends la clochette qui les appelle à l’école, je suis le long ruban des chemins poudreux, et m’arrête un instant sur les ruines du pressoir banal. J’aime toutes ces choses, parce qu’elles ont leur histoire, comme vos plus beaux édifices ; à mes champs, à mes bois, à mon cep de vigne, je demeurerai fidèle. »

Les conséquences de la première guerre mondiale allèrent bien au-delà des morts pour la France. En 1926, Milly ne compte plus que 130 habitants, dont le tiers a plus de soixante ans. Avec seulement quelques enfants en âge scolaire, l’école est en sursis. Les vignes ne couvrent plus que 40 hectares, les céréales, au rendement moins aléatoire, les remplaçant partiellement. A un congrès sur la natalité, Albert Rocher présente une conférence qu’il intitule « Milly une commune qui disparaît » en en rendant responsable la faible natalité de ses habitants. Une bonne année, c’est deux décès pour une naissance, et c’est souvent plus, dit-il. La presse parisienne se fait écho de cette conférence et Milly devient un symbole. Le journal L’Intransigeant, grand quotidien du soir, titre : En Bourgogne, la terre qui meurt, l’école est à vendre, l’église est fermée, la commune de Milly est à l’agonie.

M. Célestin, maire de Milly, réagit. Il déclare que les terres et les vignes sont entretenues et que le déclin démographique observé à Milly est le même à Poinchy, Fyé et dans bien d’autres villages de la région et de France. Ce ne sont pas les habitants qui lâchent la terre, c’est la terre qui les lâche et qui serait bien incapable de nourrir une population plus nombreuse que l’actuelle. La misère du vignoble, trois années consécutives sans vendange, suscite l’exode. N’y a-t-il que la misère du vignoble pour susciter l’exode, s’interroge le journaliste ? En effet, lui a-t-on répondu à Chablis, bien que ce soit la raison principale, il y a autre chose : il y a qu’on a vu partir en sabots, du village appauvri, des gens qui aujourd’hui, y reviennent fréquemment en auto.

 

Reportage photos Milly en Lumières 26 Juin 2026

Reportage photos Milly en Lumières 26 Juin 2026

Milly en Lumières

26 Juin 2026

Ce sont plus de 200 personnes qui ont rempli l’église Saint-Sébastien. Ils ont ensuite découvert avec ravissement le parc du château.

Le succès de cette belle soirée s’explique par notre attachement profond à notre histoire.

La mise en valeur de notre patrimoine historique est ressentie comme une valeur qui touche les gens, toutes générations confondues.

Cet événement est le fruit d’une rencontre fructueuse entre « Chablis, terre d’histoire » et « Le Paisseleux », Comité des Fêtes de Milly.

Son succès est notre récompense !

Un grand merci à Chablis Sans Bouchon et à Joël Gesvres pour leurs photos.

Reportage photos Milly en Lumières 26 Juin 2026

Milly en Lumières

Evènement en pays Chablisien,

vendredi 26 juin 2026

Place de l’église Saint-Sébastien Milly Chablis

Milly en Lumières

Programme

20h00 : Ouverture de la buvette.

20h00 : Mot de bienvenue des deux associations. L’histoire du village de Milly et de son église par Jean-Paul Droin et Patrice Wahlen.

20h30 : Instant musique avec un duo acoustique Chablisien Ruth et Eric, chant et guitare.

21h00 : Le tableau « La Sainte Famille » est mis en lumière et présenté par Mme Katarina de Vaucorbeil, guide-conférencière.

A partir de 20h00 : Ouverture du parc du château et accueil par les propriétaires.

Ambiance musicale
Chants et danses du « Regain » de Chablis
Duo acoustique Chablisien

Découvrez les richesses →

Milly en Lumieres

Georges BARRIÈRE

Georges BARRIÈRE

Georges Barrière est né à Chablis en 1881 dans l’univers du bois. Son père possédait la scierie mécanique, située au pâtis au bord du Serein, et était lui-même issu d’une lignée de scieurs de long. Rien ne le prédisposait à devenir un artiste peintre reconnu, si ce n’est son talent précoce de dessinateur.
A 19 ans, ses parents l’envoient étudier aux Beaux-Arts de Paris où il est remarqué pour ses qualités artistiques. Après un début de carrière prometteur, réformé mais patriote, il s’engage dans l’infanterie en 1914. Il découvre le terrible univers des tranchées. Il réalise des croquis de poilus aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Démobilisé, il revient à Chablis où il peint des portraits et des paysages, dont, en 1920, cette vue de Chablis depuis la vallée de Valmur. Acquise par Charles Bergerand et redécouverte récemment, cette toile est un témoignage rare de l’impact du phylloxera et de la guerre. Elle montre à quel point la culture de la vigne avait régressé.
Lauréat du prix de l’Indochine en 1934, il part pour Hanoï enseigner la peinture à l’école des beaux-arts créée quelques années auparavant. Entre autres activités, il dessine des billets de banque, des piastres, qui reflètent son sens de l’observation de la vie locale et qui font écho aux dessins d’André Maire. Il décède au Viet-Nam en 1944 à l’âge de 63 ans.

BARRIERE G 1 billet 5 piastres
BARRIERE Georges 1 billet 1 piastre
Barrière Georges vallée de Vamur 1920
BARRIERE Georges 3 billets banque Indochine verso

Nom des rues de Chablis

La toute première mention de rues dans Chablis date de 1198, époque de la construction de la collégiale. Il s’agit d’un accord conclu entre le seigneur de Chablis, en l’occurrence l’abbaye Saint-Martin de Tours via les chanoines de Chablis, et l’abbaye de Pontigny. Il y est précisé que les moines de Pontigny auront « la libre jouissance de leur bâtiment situé dans le faubourg de Chablis qui est au-dessous de (ce qui signifiait alors entre) trois voyes ». Au fil des siècles, on retrouve mention de ces trois voies ou rues « proches et au-devant du prieuré Saint-Cosme ». Ces trois rues sont aujourd’hui la rue du Puits (l’ancienne rue du Saulce, où se trouvait un grand saule), la rue Jeanne d’Arc (l’ancienne rue de Saint-Côme) et la rue de Chichée. Le bâtiment cité est le site historique du cellier du petit Pontigny, aujourd’hui le domaine de l’enclos.
Un « livre rouge » de la prévôté, nommé ainsi en raison de sa couverture en cuir rouge et datant de 1429 nous est parvenu. Il recense les dîmes dues au prévôt et cite certaines rues de Chablis.

  • La rue de la Porte Auxerroise (actuelle rue Auxerroise).
  • La rue Dame Sainte, non localisée, Dame Sainte signifiant Vierge Marie.
  • La rue du Val de Colleau (Vau de Coureau), sans doute une rue du faubourg Saint-Pierre, en direction de Courgis. Le lieu-dit existe encore.
  • La rue Bouchard, non localisée.
  • La rue de la Courge, une longue rue, sans doute l’actuelle rue Jules Rathier, et son prolongement rue de Chichée
  • La rue Saint-Espain (actuelle rue du Chevalier de la Barre).
    Puis nous voyons apparaître un peu plus tard dans différents documents
  • La Grande rue tenant aux Places, devenue rue du Conduit, l’actuelle rue Paul Bert.
  • La rue des Bouchers, devenue rue des Vieilles Boucheries.
  • La rue des Orfèvres, sans doute dans le faubourg Saint-Pierre où il existe encore une rue des Argentiers.
  • La rue du Chateault (sic), devenue rue des Ecoles, l’actuelle rue Louis Bro.
  • Et plusieurs rues non localisées : la rue Bérault, la rue Levesque, la rue à la Forot, la rue des Augustins et la ruelle Borre.
    Il existe aujourd’hui 110 rues, ruelles, impasses et places dans le Chablis d’avant la fusion avec Fyé, Milly et Poinchy.
    Les anciennes rues ont souvent changé de nom, parfois plusieurs fois et souvent pour des raisons politiques (dont antimonarchisme et anticléricalisme). Par exemple, la rue Saint-Vincent, le Saint Patron des vignerons, devient à la révolution la rue Marat, du nom du député Montagnard partisan de la Terreur qui, suite à son assassinat par Charlotte Corday en juillet 1793, devient « martyr de la liberté » et icône révolutionnaire. A l’initiative des Piliers Chablisiens, la mairie rétablie son nom en 1984. Avec 27 mètres de long, c’est la rue la plus courte de Chablis.
  • La rue Laborde, s’est transformée en avenue de la Gare suite à l’arrivée du chemin de fer puis en avenue de la République quand la ligne a été fermée.
  • La rue des Tanneries est devenue rue de l’Orme puis avenue Jean-Jaurès.
  • La chaussée Saint-Sébastien s’est appelée grande rue de la Maladière, puis rue Aristide Briand puis avenue d’Oberwesel suite au jumelage Chablis Oberwesel.
  • La rue Royale est devenue la rue Victor Hugo.
  • La rue du Donjon, rue Jules Philippe.
  • La rue du Cloître, rue Etienne Dolet, puis partiellement rue Molleveaux.
  • La longue rue Saint-Côme, coupée transversalement par la rue du Panonceau, devient rue Jeanne d’Arc et rue Jean Lerouge
  • La rue des Cordonniers a été raccourcie au niveau de la rue des Fossés et prolongée en rue Porte Noël.
  • La rue de la Tour du Roi devient la rue Ernest Renan.
  • La rue des Pressoirs devient la rue Monthyon, puis la rue Robert Fèvre
  • La petite rue Saint-Martin devient rue Eusèbe Beaujean puis rue Abbé Duchâtel.
  • La grande rue de Reugny devient les rues de Reugny et de Benjamin Constant.
  • La Grande rue du Faubourg Saint-Pierre est partagée en rues Jules Rathier, Petite rue du Faubourg Saint-Pierre et Abel Hovelacque.
  • La rue du Tilleul devient rue Emile Zola.
  • La rue de l’Isle devient le quai de Reugny, le quai de l’Isle le quai Voltaire.
  • La ruelle Pic Chamon devient la rue Pinson.
  • La ruelle Monthyon, ruelle à Feu.
  • Avenue de Juillet en avenue des Enfants de Chablis

Des places aussi ont changé de nom

  • La place Napoléon est devenue place de la République
  • La place de la Mission est devenue place Lafayette
  • La place du Tilleul (autrefois du Tillet) est devenue place de la Révolution, puis du Général Gras
  • La place du Marché est devenue place Charles De Gaulle
  • La place de l’Eglise est devenue place du Regain

Certaines rues ont disparu au fil des ans et en particulier suite au bombardement du 15 juin 1940, à l’incendie qui s’en est suivi, et à la reconstruction : la rue de la Halle en partie (reste la partie rue de Lattre de Tassigny), la rue du Marché (il en reste l’impasse), la rue des deux Ponts (il en reste la rue du Pont), la rue Saint-Laurent (partie restante Rampon Léchin), la ruelle Molière, la ruelle Pilotelle. La place Emile Lamotte a été créée à l’emplacement de maisons détruites. L’aménagement du parking de la place Saint-Martin en 1967 a fait disparaître la rue de l’Ouest, la rue de l’Est et la rue de l’Echelle.
Des noms de rue évoquent des climats plantés en vigne : rue des Butteaux, rue de Montmains, rue de Séchet, rue de Châtain, rue de Beugnon, rue des Lys, rue de Séchet, rue des Epinottes, rue de Valvan.
Certaines dénominations sont simples à comprendre, rue des Moulins, des Fossés, du Four, de l’Hôpital, du Serein, de Derrière les Murs. Il en va de même pour les rues des Cordonniers, des Argentiers, des Vieilles Boucheries, des Juifs (quoique Juifs puisse avoir un sens plus large qu’aujourd’hui), rue de la Croix Duché (autrefois connue sous le nom de route de Courgis), rue du pressoir, rue des vendanges.
D’autres nécessitent d’être explicitées. Rue du Foulon renvoie à l’ancienne ferme du Foulon, et à l’autorisation donnée par la ville de Chablis vers 1829 d’y établir un foulon ou fouloir à draps. Rue du Tacot, du nom du train omnibus qui passait par Chablis. Rue de la Bretauche vient du mot brette, bretesche, sans doute une ancienne maison forte entre Chablis et Poinchy, un site archéologique a été identifié. Autre site archéologique la rue des Petits Dieux, près du lieu-dit éponyme, où ont été découvertes en 1885 deux statuettes de dieux lares, les dieux du foyer pour les romains. La rue de Moque Panier, près du lieu-dit du même nom, signifie terre pauvre, pauvre récolte. La rue de la Vieille Voie, près du lieu-dit éponyme renvoie à la voie romaine Auxerre à Tonnerre. Elle passait près de l’actuelle gendarmerie et traversait à gué le Serein près de l’actuel camping municipal pour rejoindre Collan par « la Montée de Tonnerre. »
Au fil des ans, certains noms de rue ont été déformés. La rue du Cantara était la rue du cantora, nom du chantre en latin, le responsable de la lecture et du chant à la collégiale. Le chapitre y possédait une propriété. La rue du champ du Fort était la rue du champ du Port, lieu d’entreposage des feuillettes (tonneaux) de vin avant leur départ en charrette pour le port fluvial d’Auxerre. La rue et le quai de Reugny sont une déformation de Reigny. L’abbaye de Reigny, située près de Vermenton possédait à Chablis autrefois des vignes, un cellier, et un four à proximité de l’actuel Domaine Billaud-Simon. La cour et la ruelle Hachon, en intermédiaire à Chon, renvoient à un ancien chablisien, du nom de Charton. Un autre chablisien cité en 1429, Perrin Poire, a eu une rue à son nom avant qu’elle ne devienne rue Poirin-Poire.
La construction de lotissements a fait apparaître une autre approche de noms de rue : rue des Pervenches, allée des Roses, allée des Lilas.
Trois boulevards ont été créés sur le glacis entourant les remparts, le boulevard Foy devenu Tacussel, le boulevard Jean-Jacques Rousseau devenu Ferrières (jumelage Chablis Ferrières), et le boulevard Lamarque.
Des grands hommes sont honorés. Des maréchaux ; Davout, de Lattre de Tassigny, Leclerc ; le général Lamarque, le général De Gaulle, Emile Zola, Victor Hugo, Aristide Briand, Jean Jaurès, Voltaire, Louis Pasteur. Mais aussi Paul Louis Courrier, Marcelin Berthelot, Abel Hovelacque, Ernest Renan, Benjamin Constant, Etienne Dolet, Jacques Laffitte, le Chevalier de la Barre.
D’anciens chablisiens ont leur rue : Jean Lerouge, l’abbé Foullot, Rampont Léchin, Molleveaux, Jules Rathier Jules Folliot, Jules Philippe, Joseph Tacussel, Emile Lamotte, Louis Bro, l’abbé Duchâtel, Robert Fèvre.
Une seule femme est présente parmi tous ces hommes, il s’agit de Jeanne d’Arc et elle est honorée en raison d’une légende locale. Son procès nous dit qu’elle est passée par Auxerre en 1429, de là en déduire qu’elle a dormi peu avant au prieuré Saint-Côme de Chablis, le doute est permis. Peut-être sera-t-elle rejointe un jour par Marie Soufflot, parente de l’architecte du Panthéon, donatrice et fondatrice en 1709 de la première école de filles de Chablis.
L’une des dernières rues inaugurées à Chablis est la rue de la Paix, rue de la salle « le Kimméridgien ». Elle complète la rue de l’Europe et la rue de la Liberté et nous rappelle la chance que nous avons de vivre en France…et à Chablis.

 

 

 

La fondation du patrimoine en visite à Chablis le 5 décembre 2025

La fondation du patrimoine en visite à Chablis le 5 décembre 2025

La Fondation du Patrimoine

en visite à Chablis

le 5 décembre 2025

Visite Fond du Patrimoine de Chablis

Le club des grands donateurs départementaux se réunit deux fois par an.

En cette fin d’année 2025, ils ont choisi Chablis pour se retrouver autour d’un thème très important :

Acter le choix des projets qui vont recevoir leur dotation spécifique pour 2025.

A l’occasion de cette journée, Isabelle Steinmann et Yves Genty, responsables du club de l’Yonne, ont adressé une invitation

à « Chablis, terre d’histoire ».

La délégation était emmenée par Jean-Christophe Bonnard délégué régional et Stéphane Ménégon, chargé de mission – responsable régional.

Les participants ont suivi avec le plus grand intérêt une visite historique depuis le cœur de ville avec la collégiale Saint-Martin et ses tableaux, jusqu’au prieuré Saint-Côme et à l’église Saint-Pierre.

Notre association a pu montrer et mettre en valeur les richesses du patrimoine historique de Chablis.

Très intéressés par cette découverte, les participants ont constaté:

  • la nécessité de restaurer les tableaux de la collégiale Saint-Martin,
  • la dégradation du prieuré Saint-Côme,
  • et l’état affligeant de l’église Saint-Pierre avec sa magnifique architecture gothique.

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