Journées européennes du patrimoine | Rendez-vous les 19 et 20 septembre 2026
Journées européennes du patrimoine | Rendez-vous les 19 et 20 septembre 2026
Programme Chablis
A la découverte des vestiges de la Guerre de Cent Ans
Déambulation dans la Ville de Chablis
Durée : une heure trente
Gratuit Départ devant l’Office du Tourisme à 14h30
Samedi 19 Septembre 2026
Dimanche 20 Septembre 2026
Exposition “La flèche de la collégiale Saint-Martin”
A la veille d’un grand programme de restauration, découvrez l’historique de cette flèche néogothique. Conçue par Viollet-le-Duc et réalisée par l’architecte Emile Amé en 1852, elle a inspiré celle de Notre-Dame de Paris, construite en 1859.
Expo dans la collégiale Saint-Martin de Chablis
Entrée libre
Samedi 19 Septembre 2026 de 10h00 à 18h00
Dimanche 20 Septembre 2026 de 14h00 à 18h00
Tableau la « Sainte Famille » Eglise de Milly
Tableau "Sainte Famille" église Milly
En 1629, de retour d’un long séjour en Italie, Simon Vouet réalise pour l’église Saint Nicolas des Champs à Paris un retable de grande taille représentant une façade simplifiée d’une église romaine. Par effet de mode, le tableau d’autel, souvent offert par un seigneur ou un notable, devient un incontournable dans la moindre église.
Il n’est donc pas étonnant de trouver dans l’église Saint Sébastien de Milly, construite au début du XVIIIe siècle, un tableau d’autel.
Mais ce n’est que très récemment qu’il a attiré l’attention. Renaud Benoit-Cattin, conservateur du patrimoine travaillant pour la DRAC, l’identifie en 2016. En 2020, il le fait inscrire dans la base Palissy sous le numéro PM89003812 avec le descriptif suivant : Sainte Parenté d’après la Grande Sainte Famille de François 1er de Raphaël (tableau à Paris, musée du Louvre), huile sur toile XVIIe siècle.
L’original est lié au concordat de Bologne, signé en 1516 entre François 1er et le pape Léon X Médicis. Suite à la bataille victorieuse de Marignan, le roi de France est en position de force. Il obtient le droit, pour lui et ses successeurs, de décider seul de la nomination des hauts dignitaires ecclésiastiques et donc d’attribuer, selon des critères parfois plus politiques que religieux, ces postes prestigieux et lucratifs.
Le traité s’accompagne, comme le veut l’usage de l’époque, d’un mariage. Ce sera celui de Laurent de Médicis, neveu du pape avec Madeleine de la Tour d’Auvergne, fille du comte d’Auvergne, mariage donnant naissance à Catherine de Médicis. Comme cadeau, le pape commande à Raphaël trois tableaux destinés à la cour de France. Ce sont : le Grand Saint Michel, Sainte Marguerite et la Grande Sainte Famille de François 1er. Reçus par la cour de France en août 1518 et conservés au Louvre, ces tableaux sont dans la salle de peintures italiennes qui précède celle de la Joconde.
Raphaël dispose alors à Rome du plus grand atelier de peinture de toute l’Europe, et a une position hégémonique à Rome, mais il est submergé de commandes. Cependant, ces trois œuvres sont conçues et exécutées en quelques mois et avec un soin particulier, par égard au commanditaire papal et au destinataire royal, mais aussi parce que l’artiste est désireux d’affirmer son nouveau style. Depuis son installation à Rome vers 1508, il a intégré les apports de ses deux grands rivaux, Léonard de Vinci et Michel-Ange. Il a assimilé le clair-obscur et le sfumato du premier, et la puissance plastique, la forme majestueuse et dynamique du second, aboutissant à une synthèse éminemment personnelle où les excès sont gommés au bénéfice d’un équilibre supérieur.
La Grande Sainte Famille témoigne du style tardif de Raphaël par la monumentalité des figures inspirées de Michel-Ange et la maîtrise spatiale et le luminisme sombre de Léonard de Vinci.
Le groupe de la Vierge à l’enfant trône au milieu de la composition. Marie, dans sa robe rouge, orientée vers la gauche, assise en appui sur l’extrémité de son pied gauche chaussé d’une sandale, soutient l’Enfant Jésus, nu, sortant de son berceau en bois sculpté, dont la jambe droite est encore sur un coussin blanc à gland doré. Leurs pieds reposent sur un sol à tomettes, chiqueté de marbre, sont les seuls visibles. À la Renaissance, carrelages et tomettes participent au rendu de la perspective.
A gauche du tableau, Élisabeth, visage buriné et main calleuses, portant turban, tient serré dans ses bras le petit Saint-Jean, dont les mains jointes semblent attraper, par effet perspectif, l’auréole de Jésus.
Au-dessus de Marie, un ange porte une couronne de fleurs, célébration de la reine des Cieux ou allusion à la récente maternité de la reine Claude de France (troisième enfant mais ainé des garçons).
On aperçoit Joseph dans la partie haute à droite. Il est appuyé sur le coude gauche, le bras droit replié sous lui, dans une pose songeuse, la tête reposant sur sa main gauche repliée vers le bas, regardant vers la mère et l’enfant. Joseph semble interpréter et commenter silencieusement la scène.
Il y a très nettement une volonté d’humaniser la scène. Même si tous les personnages saints portent une auréole, celle-ci est limitée à un cercle doré et fin.
La composition se termine par une ouverture en haut à gauche dévoilant un petit paysage brumeux de montagnes bleutées, c’est la seule respiration.
Pour le reste, l’influence du maniérisme est visible. Le cadrage est serré sur un grand nombre de personnages placés pratiquement sur le même plan et cela donne un effet d’étouffement. Le fond compte peu et ne creuse pas beaucoup. Raphaël veut que le regard reste sur le plan important avec un jeu de courbes et de contre-courbes qui animent la composition. On a une courbe pour la Vierge dont le corps forme un S (ligne serpentine). Sa tête est assez petite et idéalisée comme les personnages principaux. Les musculatures très dessinées, l’Enfant Jésus potelé, c’est l’influence de Michel-Ange. Dans la palette, on voit apparaître la demi-teinte. Enfin, on a un effet de clair-obscur que ne renierait pas Léonard de Vinci. La composition est dynamique : l’Enfant s’élance de son berceau, comme le Ressuscité jaillira de son tombeau, pour se précipiter dans les bras de sa mère et cet élan est déterminé par l’allégresse, même si la croix de Saint Jean symbolise la crucifixion.
Raphaël décède le 6 avril 1520, jour du Vendredi Saint, âgé de seulement 37 ans. Un véritable roman se développe après sa mort, il est comparé à une réincarnation du Christ. Même son aspect physique, barbe et cheveux longs et raides séparés au centre, que nous connaissons par sa toile « Autoportrait avec un ami » évoque de façon troublante l’effigie du Christ.
La Grande Sainte Famille va faire l’objet d’un grand nombre de copies, le mot copie n’ayant pas la connotation négative que nous lui attribuons aujourd’hui. La plus remarquable est réalisée par le premier assistant de Raphaël, Giulio Romano, et se trouve en Charente dans le chœur de l’église Notre Dame de Courson. Elle a été donnée par la famille de La Rochefoucauld à l’occasion d’un baptême. Une autre de très belle qualité, peinte par Jean Michelin au XVIIe (Inv. 643, MR 448) se trouve au Louvre. Mais, pour celle de l’église de Saint-Sébastien de Milly, force est de constater que nous ne connaissons ni le nom de l’auteur, ni celui du donateur, ni même la date précise de son installation.
L’engouement pour Raphaël reprend de plus belle au XIXe. Ses œuvres sont copiées sur toutes sortes de supports, les miniaturistes et les peintres sur porcelaines s’en donnent à cœur joie, les copies se vendent bien. À titre d’exemple, madame Varcollier, spécialiste du genre, vend trois copies de la Sainte Famille en 1820 (800 frs), 1830 (1.800 frs) et 1850 (2.000 frs). Autre exemple, l’église de Lamagdelaine à Cahors possède une copie de la Sainte Famille réalisée par madame Zaleska en 1891, tandis qu’au Québec un couvent de dames Augustines possède une copie déposée en 1884. Bien plus proches de nous, dans l’Yonne, les églises de Chevillon (Charny) et Coulanges la Vineuse renferment également des copies de la Sainte Famille.
Albert Rocher
Albert Rocher
Fils de maréchal-ferrant, Albert Rocher (1880-1956), est né et décédé à Crain (Yonne). Il a longtemps été l’instituteur de Milly, classe unique, l’école n’ayant pas dépassé la vingtaine d’élèves. Fin observateur, membre de la Société des Sciences de l’Yonne et de la section de l’Yonne des études locales dans l’enseignement public, ami du maire et des vignerons, il a laissé divers documents tant sur l’histoire de Milly que sur la vie de ses contemporains à Milly.
La vigne à Milly en 1913
La vigne à Milly à la veille de la première guerre mondiale
Le texte ci-dessous est extrait d’un mémoire rédigé en 1913 par Albert Rocher, instituteur à Milly. Ce mémoire nous est parvenu grâce à Robert Fèvre qui l’a recopié, annoté et illustré en 1956. Dans un souci de compréhension, quelques mots ont été remplacés par des équivalents plus employés aujourd’hui, par exemple chardonnay au lieu de pinot blanc.
Bien que la surface occupée par la vigne soit inférieure à celle des terres labourables, les habitants de Milly sont avant tout vignerons ; la principale de leurs ressources est la vigne qu’ils soignent avec amour. Ils y consacrent la majeure partie de leur temps, et considèrent la culture proprement dite comme un pis-aller, permettant de vivre sans grandes dépenses durant les années calamiteuses, si fréquentes durant la période que nous venons de traverser.
En 1856, la statistique accuse 110 hectares de vignes, en 1882, nous tombons à 92 hectares ; puis à 55 hectares en 1911 dont 5 hectares phylloxérés qui seront arrachés l’année suivante.
Les premières taches phylloxériques sont apparues en 1889. Sans retard, on se met à traiter au sulfure de carbone, et grâce à l’emploi d’engrais et d’amendements à haute dose, on parvint à garder jusqu’à ces dernières années une partie du vignoble.
1892 marque le début de reconstitution sur Riparia. Le Riparia est très résistant au phylloxéra, mais il exige une terre riche, meuble et fraîche. Au bout de quatre ans à Milly, la vigne greffée sur Riparia est fructifère, mais elle jaunit facilement. Aussi la deuxième étape de la reconstitution est marquée par le choix du Rupestris du Lot comme porte-greffe. Mais ce dernier donne des vignes qui n’entrent en plein rapport que vers l’âge de 7 ou 8 ans ; il présente des grappes avant cette époque, mais comme disent les vignerons, le Rupestris du Lot « mange son fruit ». La troisième étape est marquée par l’emploi du Mourvèdre-Rupestris 1202, qu’on a commencé il y a cinq ou six années ; ce porte-greffe est plus résistant au calcaire et il donne des fruits nombreux, pourtant quelques vignerons pensent qu’on reviendra au Rupestris du Lot qui paraît plus vigoureux et plus durable, malgré ses inconvénients.
Pour reconstituer un hectare, à raison de 8.000 ceps à l’hectare, il faut prévoir 160 francs en travaux préparatoires et 1.200 francs pour l’achat de plants greffés racinés. L’hectare de vigne de Léchet valait 10.000 francs en 1794, le double d’un hectare de pré. Que de réflexions ne suggèrent pas ces prix fantastiques si l’on songe qu’en 1912, l’hectare de vigne de cet endroit ne fut péniblement vendu que 2.000 francs. Suivant la qualité et l’abondance de la récolte, une feuillette de 132 litres peut valoir de 80 à 200 francs, vin logé et clair.
Milly, lors de la reconstitution, s’en est tenu à l’antique chardonnay, afin de conserver ; avec Chablis, la vieille réputation mondiale de ses vins. Ceux de la côte de Léchet notamment, pourraient rivaliser avec les premiers crûs chablisien. Le Censier de 1757 nous apprend d’ailleurs en quelle haute estime fut toujours tenu le vin blanc de Léchet.
En 1875, année d’abondance, on rentre 4.000 hectolitres de vin ; les déclarations de récolte sont de 1.800 en 1908, 1.200 en 1909, 2 en 1910, 600 en 1911 et 311 en 1912. Une année normale permettrait d’espérer, avec l’étendue actuelle des vignes, un total de 2.000 hectolitres. Le vin rouge, récolté par les vignerons pour leur consommation personnelle, n’entre pas en ligne de compte dans toutes ces évaluations.
A mesure que le vignoble se réduit, le nombre des animaux de la ferme s’accroit. Pour les vaches, la race normande prédomine et le lait est vendu chaque matin aux épiciers de Chablis. Pour les vignerons, une raison milite en faveur de la vente immédiate du lait plutôt qu’en sa transformation en beurre ou fromage, c’est que la main d’œuvre agricole devient excessivement rare. La qualité des vins blancs fait qu’ils ne descendent jamais au-dessous d’un certain prix encore rémunérateur, aussi voyons-nous rarement les fils de propriétaires se déraciner pour entrer dans les bureaux ou émigrer à la ville. Il existe cependant dans la population une partie flottante de journaliers et ouvriers agricoles et la population de Milly, qui était de de 248 habitants en 1866, n’est plus que de 202 en 1912.
Une partie des travaux de la vigne sont dévolus à la femme. Après le taillage, elle est chargée de fixer le cep aux échalas, puis c’est l’ébourgeonnage, l’attachage, le rognage, qui sont plus absorbants qu’au temps où la vigne était d’origine française ; avec les plants greffés, la sève est plus généreuse et les vignerons s’accordent à dire qu’un travail est à peine terminé, qu’il est temps de recommencer.
Pour réduire cette intervention de la femme qui l’éloigne des travaux d’intérieur, il faudrait conduire la vigne sur fils de fer, mais le plant cultivé ne s’y prête guère ; la vigne dirigée sur fil de fer exige une taille courte, alors que le chardonnay, plant peu fructifère, exige une taille longue pour obtenir plus de production. Jusqu’alors, on n’a fait que de timides essais. Il serait intéressant pour le vigneron de rechercher un système de taille s’adaptant à son plant ainsi conduit et de se rendre compte si l’économie de main-d’œuvre et d’échalas ne compense pas la moins-value en vin récolté.
Conclusion
Il me revient que le poète Frédéric Bataille conclut ainsi son dialogue entre le parisien et le paysan, qui l’un et l’autre louent le charme de leur résidence :
« Si mon village est un lieu sans histoire, dans tout mon rêve il n’est rien d’aussi beau ! ». Au citadin qui lui vantera la ville et ses squares, ses monuments, ses salles en amphithéâtre et son passé historique, j’imagine volontiers, le vigneron répondant :
« J’aime mes sentiers et mes pentes verdoyantes ; et quand, au haut de ma vigne, je redresse mon corps meurtri, par-delà le coteau j’évoque la France entière, mais je reviens avec amour à la vieille place du village, qui s’étale dans la vallée, et je songe aux ancêtres qui s’y assemblaient pour discuter ; non loin du vieux cimetière où leurs os blanchissent, j’aperçois mes enfants qui jouent bruyamment, j’entends la clochette qui les appelle à l’école, je suis le long ruban des chemins poudreux, et m’arrête un instant sur les ruines du pressoir banal. J’aime toutes ces choses, parce qu’elles ont leur histoire, comme vos plus beaux édifices ; à mes champs, à mes bois, à mon cep de vigne, je demeurerai fidèle. »
Les conséquences de la première guerre mondiale allèrent bien au-delà des morts pour la France. En 1926, Milly ne compte plus que 130 habitants, dont le tiers a plus de soixante ans. Avec seulement quelques enfants en âge scolaire, l’école est en sursis. Les vignes ne couvrent plus que 40 hectares, les céréales, au rendement moins aléatoire, les remplaçant partiellement. A un congrès sur la natalité, Albert Rocher présente une conférence qu’il intitule « Milly une commune qui disparaît » en en rendant responsable la faible natalité de ses habitants. Une bonne année, c’est deux décès pour une naissance, et c’est souvent plus, dit-il. La presse parisienne se fait écho de cette conférence et Milly devient un symbole. Le journal L’Intransigeant, grand quotidien du soir, titre : En Bourgogne, la terre qui meurt, l’école est à vendre, l’église est fermée, la commune de Milly est à l’agonie.
M. Célestin, maire de Milly, réagit. Il déclare que les terres et les vignes sont entretenues et que le déclin démographique observé à Milly est le même à Poinchy, Fyé et dans bien d’autres villages de la région et de France. Ce ne sont pas les habitants qui lâchent la terre, c’est la terre qui les lâche et qui serait bien incapable de nourrir une population plus nombreuse que l’actuelle. La misère du vignoble, trois années consécutives sans vendange, suscite l’exode. N’y a-t-il que la misère du vignoble pour susciter l’exode, s’interroge le journaliste ? En effet, lui a-t-on répondu à Chablis, bien que ce soit la raison principale, il y a autre chose : il y a qu’on a vu partir en sabots, du village appauvri, des gens qui aujourd’hui, y reviennent fréquemment en auto.
Reportage photos Milly en Lumières 26 Juin 2026
Milly en Lumières
26 Juin 2026
Ce sont plus de 200 personnes qui ont rempli l’église Saint-Sébastien. Ils ont ensuite découvert avec ravissement le parc du château.
Le succès de cette belle soirée s’explique par notre attachement profond à notre histoire.
La mise en valeur de notre patrimoine historique est ressentie comme une valeur qui touche les gens, toutes générations confondues.
Cet événement est le fruit d’une rencontre fructueuse entre « Chablis, terre d’histoire » et « Le Paisseleux », Comité des Fêtes de Milly.
Son succès est notre récompense !
Un grand merci à Chablis Sans Bouchon et à Joël Gesvres pour leurs photos.
Milly en Lumières
Evènement en pays Chablisien,
vendredi 26 juin 2026
Place de l’église Saint-Sébastien Milly Chablis
Milly en Lumières
Programme
20h00 : Ouverture de la buvette.
20h00 : Mot de bienvenue des deux associations. L’histoire du village de Milly et de son église par Jean-Paul Droin et Patrice Wahlen.
20h30 : Instant musique avec un duo acoustique Chablisien Ruth et Eric, chant et guitare.
21h00 : Le tableau « La Sainte Famille » est mis en lumière et présenté par Mme Katarina de Vaucorbeil, guide-conférencière.
A partir de 20h00 : Ouverture du parc du château et accueil par les propriétaires.
Ambiance musicale
Chants et danses du « Regain » de Chablis
Duo acoustique Chablisien
Découvrez les richesses →
Chabl’histoires Terroirs et mémoires infolettre n° 3 Avril 2026
Assemblée générale annuelle 2026
Georges BARRIÈRE
Georges Barrière est né à Chablis en 1881 dans l’univers du bois. Son père possédait la scierie mécanique, située au pâtis au bord du Serein, et était lui-même issu d’une lignée de scieurs de long. Rien ne le prédisposait à devenir un artiste peintre reconnu, si ce n’est son talent précoce de dessinateur.
A 19 ans, ses parents l’envoient étudier aux Beaux-Arts de Paris où il est remarqué pour ses qualités artistiques. Après un début de carrière prometteur, réformé mais patriote, il s’engage dans l’infanterie en 1914. Il découvre le terrible univers des tranchées. Il réalise des croquis de poilus aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Démobilisé, il revient à Chablis où il peint des portraits et des paysages, dont, en 1920, cette vue de Chablis depuis la vallée de Valmur. Acquise par Charles Bergerand et redécouverte récemment, cette toile est un témoignage rare de l’impact du phylloxera et de la guerre. Elle montre à quel point la culture de la vigne avait régressé.
Lauréat du prix de l’Indochine en 1934, il part pour Hanoï enseigner la peinture à l’école des beaux-arts créée quelques années auparavant. Entre autres activités, il dessine des billets de banque, des piastres, qui reflètent son sens de l’observation de la vie locale et qui font écho aux dessins d’André Maire. Il décède au Viet-Nam en 1944 à l’âge de 63 ans.



















