Jean Joseph Grillot

Jean Joseph Grillot, né à Chablis en 1708, était un chanoine de la collégiale Saint-Martin et sans doute un proche parent de l’avant-dernier abbé de Pontigny. C’était un partisan du Jansénisme et, pour ses écrits jugés séditieux, il fut condamné au carcan en place de Grève à Paris en 1731. Banni de France pour ses opinions religieuses, il fut exilé en Hollande, mais mourut à Auxerre.

Pandolphe de Sabelli

Pandolphe de Sabelli petit neveu du pape Urbain IV, fut chapelain et ministre du pape.

Jean Bercher dit « Dauberval »

Une tombe méconnue dans le cimetière de Poinchy

La famille BERCHER DAUBERVAL

Pourquoi à Poinchy ?

Etienne Dominique BERCHER dit DAUBERVAL, fils d’un marchand, naquit à Paris le 9 janvier 1725, se mariera le 28 février 1753 avec Jeanne-Marie Auger demeurant à Montpelier. Le mariage eu lieu à Paris, onze années après la naissance de Jean, leur fils unique.

Il débuta au Théâtre Français en 1760 où il avait l’emploi de « grand confident tragique ».

Le 12 mai 1778, il fit l’acquisition (en usufruit seulement) du château de Poinchy à Jean-Baptiste Paulin d’Aguesseau, doyen du Conseil du roi et seigneur de Poinchy pour la somme de 14.000 livres. Il y mourut le 5 août 1800 et il est inhumé dans le cimetière de Poinchy.

Son fils Jean BERCHER dit DAUBERVAL naquit à Montpelier le 18 août 1742 (son père n’étant âgé que de 17 ans et sa mère seulement 16 ans !) et monta sur la scène dès l’âge de 14 ans. Il débuta à l’Opéra de 12 juin 1761 et fut rapidement l’idole du public. La gloire lui ayant fait tourner la tête, il fit construire rue Saint-Lazare à Paris, une grande salle de bal et de spectacle qui le ruina. Pour payer ses dettes il était prêt à accepter l’offre de Catherine II ; la Cour de Russie n’hésitant pas à lui offrir 45.000 livres de cachet pour un an. Mais l’une de ses amies Mme du Barry, dernière favorite du roi Louis XV réussit à réunir en 1774, par une souscription dans le public, la somme de 90.000 livres. DAUVERVAL était tiré d’affaires et pu rester à l’Opéra ; ce qui lui valu pendant vingt ans les applaudissements de toute l’Europe.

Il se maria à Paris le 30 octobre 1783 avec Madeleine Louise Catherine CRESPE et le couple partit s’installer à Bordeaux, lui comme maître de Ballet au Grand Théâtre et son épouse première danseuse plus connue sous le nom de Mademoiselle THEODORE.

En 1789, DAUBERVAL est nommé « Inspecteur des danses de sa majesté. »

Ses principales productions resteront « le Bonheur d’aimer », mais surtout « la Fille Mal Gardée » où 33 danseurs occupaient la scène. Ce spectacle fut repris tout au long des 19ème et  20ème siècles et il est encore joué de nos jours.

DAUBERVAL fils décéda brutalement le 14 février 1806 à Tours où il était de passage. Sa dépouille fut ramenée près de son père et de son épouse dans le cimetière de Poinchy.

Madeleine Louise CRESPE dite Mademoiselle THEODORE naquit à Paris le 6 octobre 1760 et débuta comme danseuse à l’Opéra en 1777 mais elle n’aimait guère son métier, se disait l’esprit philosophique et préférait correspondre avec Jean-Jacques Rousseau. Elle remporta néanmoins un grand succès à Londres en 1782 et s’éprit de Dauberval. En juillet 1782, les deux artistes passèrent une lune de miel anticipée au château de Poinchy. THEODORE étant sous contrat et sans autorisation fut ramenée manu-militari à Paris et emprisonnée quelques jours.

 Elle mourut à Certes (Gironde) le 9 septembre 1799 à l’âge de 39 ans et son corps repose aux côtés de son beau-père puis de son époux dans le petit cimetière de Poinchy.

Pendant la période troublée de la Révolution, le couple abandonna Bordeaux et vécut entre leur premier domicile parisien au 63 rue de Cléry et le château de Poinchy.

Dauberval fut un membre actif dans la Société Populaire de Chablis, puis il préféra siéger au Club des Jacobins de Paris.

A la vente des biens nationaux, Dauberval qui aimait la chasse, fit l’acquisition d’une centaine d’hectares de terres, près et bois sur la commune de Poinchy. Durant toutes ces années, THEODORE fut bienveillante et  généreuse avec les habitants de Poinchy.   
L’orage de la Révolution étant passé, à l’automne 179, le couple prit sa retraite dans l’immense propriété  bordelaise qu’il venait d’acheter : le Domaine de Certes à Audenge avec château, 50 hectares de marais salants, autant de terres labourables, 100 hectares de bois et plus de 1500 hectares de landes.

Après de décès de Dauberval, le château de Poinchy échut à M. Jacques Julien Devin. La vente des meubles eut lieu à partir du 15 juin 1806 et les terres furent vendues par devant Me Poulain, notaire à Chablis le 10 avril de l’année suivante.

 Dans son dernier testament, le 3 avril 1805, Dauberval précisait «…je déclare n’avoir jamais eu aucun  enfant naturel et pas un de toutes les femmes publiques qui m’ont fait l’honneur de m’en donner, n’a jamais été reconnu.»

 Si, dans plusieurs de ses testaments, Dauberval se plaint de « l’exécrable et criminelle Révolution » qui l’a ruiné et « que la justice divine punisse tous les scélérats qui m’ont volé et qui ont déshonoré ma patrie par leurs crimes et leurs brigandages… » il avait vite oublié que quelques années auparavant il était l’un des membres les plus actifs de la Société Populaire de Chablis  et membre du comité révolutionnaire du district.

Avant la reprise des concessions abandonnées du cimetière de Poinchy à la fin des années 90, la sépulture était située à l’angle est. La pierre tombale en calcaire était penchée sur le côté, une grille en fer l’entourait, des épitaphes gravées sur plaques en marbre noir étaient encore présentes mais cassées et un énorme if avait poussé au pied. Lors des travaux de reprise de la concession, le cercueil en plomb ayant servi pour le transport du corps de Dauberval de Tours à Chablis fut retrouvé.

Sous l’impulsion de quelques personnes de Chablis et de Poinchy, avec la compréhension du conseil municipal de Chablis, les restes de ces trois artistes ont été déposés quelques mètres plus loin dans une nouvelle tombe ; évitant ainsi l’ossuaire commun qui leur été destiné. Une reproduction des anciennes épitaphes ont été fixées, l’une sur la pierre tombale, l’autre (Melle THEODORE) sur le mur du cimetière face à la tombe.

A son époque, DAUBERVAL fut sans doute aussi célèbre que les Balanchine, Nouréiev, Petit, Béjart…et mademoiselle THEODORE que Zizi Jeanmaire.

Peut-être verra-t-on un jour, se recueillir dans le petit cimetière de Poinchy des danseurs d’opéra sur la tombe de ceux qui furent, il y a plus de deux siècles les maîtres de leur art. 

Sources : Archives nationales
Archives départementales de l’Yonne et de la Gironde
Bulletin de la Société des Sciences Historiques d’Arcachon (M. P. Lebat)
Documentation personnelle

Jean Dauberval Chablis, terre d'histoire
Jean Dauberval
Théodore Dauberval Chablis, terre d'histoire
Mademoiselle THEODORE
Mademoiselle THEODORE
Mademoiselle THEODORE

La famille Lerouge, père, fils et frères

En 1478, ses membres ont obtenu du roi Louis XI, le 5e privilège d’imprimeur en France.

Leurs ouvrages sont reconnus en typographie ancienne et portent le nom d’incunables. Ils ont habité Chablis de 1478 à 1483, puis Troyes, Paris et l’Italie.

La grande guerre de 1914 1918

1914

La grande guerre de 1914-1918 a décimé la jeunesse chablisienne : 78 enfants de Chablis.
Le Monument aux Morts, œuvre du sculpteur Cladel, élève de Rodin, a été inauguré en 1922.

 

L'église-collégiale Saint-Martin , Chablis, Yonne, France
concert de bienfaisance - Les enfants de Chablis
Monument aux morts Chablis
Église St-Sébastien de Milly

Église St-Sébastien de Milly

Milly (Chablis)
et
son église Saint-Sébastien

église St-Sébastien de Milly
Milly église intérieure

La terre de Milly

Milly apparaît dans l’histoire au VIIe siècle, quand l’évêque d’Auxerre Didier (mort en 623) donne au clergé de sa cathédrale les vignes qu’il possède à Milly (« Milliacus ») avec vignerons et serfs.
(On ignore s’il s’agit là d’un bien familial ou des terres qui appartenaient déjà au patrimoine des évêques d’Auxerre)

Avant 735, l’évêque Hainmar donne la « villa » (grande exploitation agricole) qu’il possède à Milly (« Miliciacus ») à l’hospice d’Auxerre qui dépendait de la cathédrale.

En 1239, le bourg de Milly est désigné dans les archives de l’abbaye cistercienne de Pontigny, toute proche, sous le nom de « Miliacus propre Chableia » (Milly-près-Chablis)

Au Moyen Âge, les paroisses de Beine et de Poinchy (et donc Milly) relèvent du patronage du prieuré bénédictin de Griselles (Châtillonnais, en Côte d’Or), lui-même dépendant de la puissante abbaye St-Germain d’Auxerre. Le prieuré en récolte en effet la dîme (impôt ecclésiastique).

Si la seigneurie de Milly semble donc à l’origine relever des évêques d’Auxerre (bien que le village soit situé dans le diocèse de Langres), elle passe assez tôt entre des mains laïques, ce qui est attesté dès le XIIIe siècle, et le reste jusqu’à la Révolution.

église Saint-Sébastien

C’est en réalité une simple chapelle, bâtie au début du XVIIIe siècle ; en 1719, la famille seigneuriale des Boucher intervient auprès de l’évêque de Langres et obtient de ce dernier que la chapelle soit érigée au rang d’annexe de la paroisse de Poinchy ; les Boucher achètent une maison pour loger le vicaire résident, lui attribuent une rente annuelle et font l’acquisition pour l’église d’un terrain destiné à servir de cimetière.

La façade de l’église est austère et l’extérieur dans son ensemble d’une grande sobriété. Seule, la masse de l’imposant clocher, peut surprendre.

A l’intérieur, l’édifice présente une nef unique aboutissant à une travée droite de chœur et un sanctuaire semi-circulaire. L’ensemble est couvert d’un plafond en plâtre. Deux chapelles, elles aussi plafonnées, flanquent la nef avec laquelle elles communiquent par une large arcade en plein cintre ; celle du nord est dédiée à la Vierge, tandis que celle du sud est sous l’invocation de saint Nicolas.

Milly autel de l'église

Le mobilier de cette église pourtant modeste est cependant tout-à-fait digne d’intérêt :

Tableau :

au retable du maître-autel, belle copie du XVIIe s. de la Sainte Famille (ou « Sainte Parenté ») de Raphaël, dont l’original, daté de 1518, est conservé au Louvre.

Maule Grande Sainte Famille
Milly église rétable
Milly église rétable

Statues :

Crucifix
monumental) bois XVIIe ? (mur nord de la nef)

Milly Eglise Grand Crucifix Chablis Yonne

Vierge à l’Enfant
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue Vierge à l'Enfant - église de Milly

saint Sébastien
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue saint Sébastien église de Milly Chablis Yonne

saint Nicolas
pierre XVIIe (niche chapelle sud)

Statue saint Nicolas église de Milly Chablis Yonne

saint Eloi
pierre XVIIe (chapelle sud)

Statue saint Eloi église de Milly Chablis Yonne

sainte Catherine
pierre XVIIIe (chapelle sud)

Statue sainte Catherine église de Milly Chablis Yonne

Statuettes :

saint Nicolas (mutilé)
pierre XVIe (dépôt chapelle sud)

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

saint abbé priant à genoux
marbre XVIe (chapelle nord)

Milly Eglise Statuette abbé en prière Chablis Yonne

Meubles :

Maître-autel XVIIIe s. à retable dit « monumental » ou « architectural » à l’antique
(colonnes, chapiteaux de style « ionique », entablement).

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

Vestiges d’une clôture de chœur en bois, du XVIe (mur sud de la nef)
(style gothique, avec décor « en plis de serviette »)

Clôture de chœur - église Milly Chablis

Divers :

Pierres tombales de la famille des Boucher,
seigneurs de Milly (XVIIIe), au sol de la chapelle nord

Cloche, bronze, 1766, baptisée « Ste Catherine-St Edme-St Pierre »
Edme Boucher, seigneur de Milly + 1783 / Catherine : C. Guyon, épouse d’Edme Boucher, + 1778

Vitrail de la chapelle sud : réemploi (vers 1950-60 ?) d’une tête de saint Sébastien (XIXe) replacée au centre d’un faisceau de flèches.
Soldat romain converti au christianisme au IIIe siècle et persécuté, Sébastien fut selon la tradition attaché à un arbre et percé de flèches. Il est le saint patron des archers, des armuriers et des policiers

Vitrail saint Sébastien église Milly Chablis

Bannière,
toile et carton peint, XIXe s. (d’un côté saint Sébastien, patron de la paroisse et, de l’autre, saint Vincent, protecteur des vignerons).

Église St-Antoine-le-Grand de Fyé

Église St-Antoine-le-Grand de Fyé

L’édifice, très peu renseigné, appartenait à l’origine à un prieuré bénédictin mentionné dès 854 et dont témoignent encore les bâtiments, remaniés, attenants à l’église. Cette dernière, érigée en style gothique entre la fin du XIIe et le XIVe siècles, a perdu son voûtement d’ogives, qui semble s’être effondré à une date inconnue. 

Le petit Pontigny

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

 

Le Petit Pontigny Chablis

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

En 1992, la ville de Chablis loue le bâtiment dit « l’ancien Hôtel Gras » au Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (B.I.V.B.) qui y installe son antenne icaunaise.

Prochainement sur le site historique du Petit Pontigny de Chablis deviendra « La Cité des vins »

Les travaux devraient débuter cet été pour une ouverture prévue pour l’été 2022.

Le nouvel ensemble s’étendra sur près de 1.000 mètres carrés.

Au programme une offre culturelle pédagogique pour découvrir l’univers des vins de Chablis, du grand Auxerrois et du Chatillonnais.

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