La famille Lerouge, père, fils et frères

En 1478, ses membres ont obtenu du roi Louis XI, le 5e privilège d’imprimeur en France.

Leurs ouvrages sont reconnus en typographie ancienne et portent le nom d’incunables. Ils ont habité Chablis de 1478 à 1483, puis Troyes, Paris et l’Italie.

La grande guerre de 1914 1918

1914

La grande guerre de 1914-1918 a décimé la jeunesse chablisienne : 78 enfants de Chablis.
Le Monument aux Morts, œuvre du sculpteur Cladel, élève de Rodin, a été inauguré en 1922.

 

L'église-collégiale Saint-Martin , Chablis, Yonne, France
concert de bienfaisance - Les enfants de Chablis
Monument aux morts Chablis
Église St-Sébastien de Milly

Église St-Sébastien de Milly

Milly (Chablis)
et
son église Saint-Sébastien

église St-Sébastien de Milly
Milly église intérieure

La terre de Milly

Milly apparaît dans l’histoire au VIIe siècle, quand l’évêque d’Auxerre Didier (mort en 623) donne au clergé de sa cathédrale les vignes qu’il possède à Milly (« Milliacus ») avec vignerons et serfs.
(On ignore s’il s’agit là d’un bien familial ou des terres qui appartenaient déjà au patrimoine des évêques d’Auxerre)

Avant 735, l’évêque Hainmar donne la « villa » (grande exploitation agricole) qu’il possède à Milly (« Miliciacus ») à l’hospice d’Auxerre qui dépendait de la cathédrale.

En 1239, le bourg de Milly est désigné dans les archives de l’abbaye cistercienne de Pontigny, toute proche, sous le nom de « Miliacus propre Chableia » (Milly-près-Chablis)

Au Moyen Âge, les paroisses de Beine et de Poinchy (et donc Milly) relèvent du patronage du prieuré bénédictin de Griselles (Châtillonnais, en Côte d’Or), lui-même dépendant de la puissante abbaye St-Germain d’Auxerre. Le prieuré en récolte en effet la dîme (impôt ecclésiastique).

Si la seigneurie de Milly semble donc à l’origine relever des évêques d’Auxerre (bien que le village soit situé dans le diocèse de Langres), elle passe assez tôt entre des mains laïques, ce qui est attesté dès le XIIIe siècle, et le reste jusqu’à la Révolution.

église Saint-Sébastien

C’est en réalité une simple chapelle, bâtie au début du XVIIIe siècle ; en 1719, la famille seigneuriale des Boucher intervient auprès de l’évêque de Langres et obtient de ce dernier que la chapelle soit érigée au rang d’annexe de la paroisse de Poinchy ; les Boucher achètent une maison pour loger le vicaire résident, lui attribuent une rente annuelle et font l’acquisition pour l’église d’un terrain destiné à servir de cimetière.

La façade de l’église est austère et l’extérieur dans son ensemble d’une grande sobriété. Seule, la masse de l’imposant clocher, peut surprendre.

A l’intérieur, l’édifice présente une nef unique aboutissant à une travée droite de chœur et un sanctuaire semi-circulaire. L’ensemble est couvert d’un plafond en plâtre. Deux chapelles, elles aussi plafonnées, flanquent la nef avec laquelle elles communiquent par une large arcade en plein cintre ; celle du nord est dédiée à la Vierge, tandis que celle du sud est sous l’invocation de saint Nicolas.

Milly autel de l'église

Le mobilier de cette église pourtant modeste est cependant tout-à-fait digne d’intérêt :

Tableau :

au retable du maître-autel, belle copie du XVIIe s. de la Sainte Famille (ou « Sainte Parenté ») de Raphaël, dont l’original, daté de 1518, est conservé au Louvre.

Maule Grande Sainte Famille
Milly église rétable
Milly église rétable

Statues :

Crucifix
monumental) bois XVIIe ? (mur nord de la nef)

Milly Eglise Grand Crucifix Chablis Yonne

Vierge à l’Enfant
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue Vierge à l'Enfant - église de Milly

saint Sébastien
pierre XVIIe (au sanctuaire)

Statue saint Sébastien église de Milly Chablis Yonne

saint Nicolas
pierre XVIIe (niche chapelle sud)

Statue saint Nicolas église de Milly Chablis Yonne

saint Eloi
pierre XVIIe (chapelle sud)

Statue saint Eloi église de Milly Chablis Yonne

sainte Catherine
pierre XVIIIe (chapelle sud)

Statue sainte Catherine église de Milly Chablis Yonne

Statuettes :

saint Nicolas (mutilé)
pierre XVIe (dépôt chapelle sud)

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

saint abbé priant à genoux
marbre XVIe (chapelle nord)

Milly Eglise Statuette abbé en prière Chablis Yonne

Meubles :

Maître-autel XVIIIe s. à retable dit « monumental » ou « architectural » à l’antique
(colonnes, chapiteaux de style « ionique », entablement).

Statuette saint Nicolas église Milly Chablis

Vestiges d’une clôture de chœur en bois, du XVIe (mur sud de la nef)
(style gothique, avec décor « en plis de serviette »)

Clôture de chœur - église Milly Chablis

Divers :

Pierres tombales de la famille des Boucher,
seigneurs de Milly (XVIIIe), au sol de la chapelle nord

Cloche, bronze, 1766, baptisée « Ste Catherine-St Edme-St Pierre »
Edme Boucher, seigneur de Milly + 1783 / Catherine : C. Guyon, épouse d’Edme Boucher, + 1778

Vitrail de la chapelle sud : réemploi (vers 1950-60 ?) d’une tête de saint Sébastien (XIXe) replacée au centre d’un faisceau de flèches.
Soldat romain converti au christianisme au IIIe siècle et persécuté, Sébastien fut selon la tradition attaché à un arbre et percé de flèches. Il est le saint patron des archers, des armuriers et des policiers

Vitrail saint Sébastien église Milly Chablis

Bannière,
toile et carton peint, XIXe s. (d’un côté saint Sébastien, patron de la paroisse et, de l’autre, saint Vincent, protecteur des vignerons).

Église St-Antoine-le-Grand de Fyé

Église St-Antoine-le-Grand de Fyé

L’édifice, très peu renseigné, appartenait à l’origine à un prieuré bénédictin mentionné dès 854 et dont témoignent encore les bâtiments, remaniés, attenants à l’église. Cette dernière, érigée en style gothique entre la fin du XIIe et le XIVe siècles, a perdu son voûtement d’ogives, qui semble s’être effondré à une date inconnue. 

Le petit Pontigny

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

 

Le Petit Pontigny Chablis

Avant 1743, les moines de Pontigny ne possèdent aucun bâtiment rue de Chichée.

Les historiens ont tous admis la destruction par les Huguenots de l’ancien pressoir en 1568, mais il s’agissait de celui situé dans les bâtiments du premier Petit-Pontigny vers le prieuré Saint-Côme.

À partir de 1743, l’abbaye de Pontigny achète des bâtiments rue de Chichèe.

Il est question d’une grande grange ou vinée (sans doute le cellier).

En 1746, un violent incendie ravage les bâtiments du fond de la cour et le cellier. C’est sans doute cet événement qui a trompé les historiens en l’attribuant aux Huguenots.

En 1747, 1749 et 1775, l’abbaye fait encore des acquisitions pour agrandir la propriété.

En 1786, à court d’argent l’abbaye loue les bâtiments.

En 1791, l’ensemble du Petit-Pontigny est vendue comme bien national. Plusieurs propriétaires s’y succèdent dont le général Basile Gras (inventeur du fusil GRAS).

En 1952, ses descendants vendent l’ensemble des bâtiments à la ville de Chablis qui installe le service des finances dans « l’Hôtel Gras », se réservant le cellier pour la fête des vins. Un pressoir acheté à Viviers est installé au fond du cellier.

En 1992, la ville de Chablis loue le bâtiment dit « l’ancien Hôtel Gras » au Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (B.I.V.B.) qui y installe son antenne icaunaise.

Prochainement sur le site historique du Petit Pontigny de Chablis deviendra « La Cité des vins »

Les travaux devraient débuter cet été pour une ouverture prévue pour l’été 2022.

Le nouvel ensemble s’étendra sur près de 1.000 mètres carrés.

Au programme une offre culturelle pédagogique pour découvrir l’univers des vins de Chablis, du grand Auxerrois et du Chatillonnais.

La numérisation de documents

La numérisation de documents que vous possédez peut-être chez vous (cartes postales, anciens plans, vieilles photos… Des trésors se cachent sans doute chez vous, vos amis, vos voisins ! 

Il y a tout juste 4 siècles

 il y a tout juste 4 siècles, cette année-là ont été baptisés 151 petits chablisiens (88 garçons et 63 filles)

Du Serpent à l’Orgue

Un serpent dans la collégiale Saint-Martin !

Le premier serpent connu à être entré à l’intérieur de la collégiale date de 1806.

Pacifique Albanel, marchand de draps, un  savoyard marié avec une chablisienne devient l’un des membres de la Fabrique Saint-Martin de Chablis (un fabricien). Trésorier de cette sorte de conseil paroissial il est autorisé par ses confrères le 30 novembre 1806 à faire l’acquisition d’un serpent.

Dans certains pays on joue de la musique pour charmer le serpent, autrefois on jouait du serpent pour faire de la musique !

Le serpent est un instrument à vent d’origine ancienne. En forme de S, percé de 6 trous, composé de deux parties en bois évidées, collées et gainées de cuir; il est muni d’une embouchure. En tant que basse, il peut être considéré comme l’ancêtre du tuba. Dans une église son timbre grave se marie merveilleusement bien avec la voix humaine qu’il amplifie. Il fut ensuite remplacé par l’ophicléide (serpent à clefs).

Pour accompagner le chant des nombreux fidèles à cette époque, le serpent Théodore Droin cordonnier dans la vie de tous les jours avait signé un contrat avec les fabriciens. Agenouillés sur les prie-Dieu réservés à leurs noms pour être les mieux placés moyennant quelques francs versés à la fabrique, le serpent devait jouer de son instrument pour aider du mieux possible les chanteurs qui s’égaraient dans des mélodies hasardeuses. Pour son service il réclamait le 18 janvier 1846 une augmentation de salaire ! Sa demande fut rejetée car il percevait déjà autant que le chantre ; le conseil de Fabrique penchant plutôt pour une diminution ! Il touchait 56 frs par an, le sacristain 100 frs.

C’est tout ce que l’on sait des  joueurs de serpent dans la  collégiale jusqu’à l’arrivée d’un nouvel instrument très en vogue dans les édifices religieux au milieu du XIXe s : l’orgue.

Il faut attendre le 6 janvier 1878 pour entendre parler d’un orgue à Chablis.

Un premier don de 5000 francs :

Une somme correspondant à cette époque à environ 3000 journées d’un ouvrier vigneron soit 10 années de salaire.

Aglaé-Clarisse Barbette, veuve d’Edme Nodiot, âgée de 73 ans fait un don de 5000 francs à la Fabrique en vue de l’acquisition d’un orgue et à charge par la Fabrique de faire célébrer un service annuel et douze messes basses pour M. Nodiot son mari décédé et douze messes basses à son décès.

La Fabrique met la main à la poche et décide l’acquisition d’un orgue :

Le 10 novembre 1878, le bureau de la Fabrique vote une somme de 1500 francs pour la construction d’un grand orgue dans la collégiale, somme correspondant à 2 années de son revenu.

Par testament en date du 30 mai 1880, M. Louis Hélie, originaire de Chablis, médecin à Saint-Florentin lègue sans conditions 2000 francs à la Fabrique. (On peut supposer que ce legs aura servi pour l’orgue.)

Un orgue pouvait coûter entre 6000 et 12000 Frs selon sa taille, les boiseries du buffet, la tribune.

Paul Chazelle, facteur d’orgues à Avallon accordait l’orgue de l’église Saint-Pierre d’Auxerre, il fut choisi pour accorder les orgues de la cathédrale, travail alors jusque-là assuré par le facteur d’orgues Ducroquet de Paris. Les déplacements depuis la capitale étant longs et onéreux, le conseil de la fabrique opte pour un facteur d’orgues pouvant être à disposition sans délais, « de jour comme de nuit ! » Ce  qui ne fut pas toujours le cas si l’on en croit les nombreux courriers   envoyés à Chazelle, le menaçant de ne plus faire appel à ses services.                                                                         

Chazelle avait malgré tout de sérieuses références : Formé à Paris chez Daublaine et Callinet, des récompenses dès l’âge de 37 ans aux expositions de 1858, 1860, 1862 et à l’exposition universelle de 1877, Le bureau de la Fabrique de la collégiale de Chablis décide de lui faire entière confiance. L’orgue de la collégiale Saint-Martin est construit par le facteur d’orgues avallonnais Paul CHAZELLE dans l’hiver 1880-1881. Son atelier se situait  à Cousin-la Roche près d’Avallon ;  Il exerçait encore en 1892.

Le 31 mars 1881, tout va bien pour l’orgue de la collégiale : 

Des experts Mrs. Oberti et Lyon Lyon (professeurs de musique) et Larfeuil ont examiné l’orgue  construit par M. Chazelle, ils reconnaissent que l’instrument est d’une bonne facture et que les conditions imposées au cahier des charges ont été remplies.                                                                                          

Le 20 septembre 1881, 6 mois plus tard rien ne va plus :

Les Experts ont-ils été incompétents ?

  1. Lyon était un homme d’expérience, organiste à la cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre depuis 1852, il assurait encore cette fonction en 1894 ! Et il est même dit dans les registres de la comptabilité de cette Fabrique qu’en cas de besoin « il pourra s’aider des connaissances de M. Oberti … »

Quant aux compétences de M. Larfeuil…il était curé de l’Eglise Saint-Pierre d’ Auxerre. Il a sans doute, jugé le buffet de l’orgue, il eut sans doute en préférer un autre plus comestible…

La Fabrique de la collégiale Saint-Martin prend des mesures pour amener le facteur d’orgues Chazelle à tenir ses engagements et à « réparer l’instrument qui ne parle plus » par suite d’un vice de construction. De plus, un travail n’a pas été accepté par l’architecte  des monuments historiques, (sans doute la tribune).

Qui était Paul Chazelle ?

Né à Toulouse le premier janvier 1821, fils de Marin Chazelle, ébéniste et de Jeanne Bernard, il arrive à Avallon vers 1848 à l’âge de 17 ans. Lors du recensement de 1851 il est inscrit organiste et habite rue du Moulin. Marié le 4 décembre 1854 à Avallon avec Marie Florent, la fille d’un boucher de Cousin-le-Pont, le couple n’aura pas d’enfants. En 1872 on retrouve Paul Chazelle facteur d’orgue, 11 rue de la Fontaine Neuve. Chazelle décède à Avallon le 22 décembre 1897 à l’âge de 76 ans après une vie professionnelle bien remplie : il a effectué des réparations, modifications et accords des 2 orgues de la cathédrale d’Auxerre, malgré les nombreux courriers de reproches sévères et des menaces pour travaux en retards de 1858 à 1878 (On lui a même demandé en 1872 s’il était encore facteur d’orgues ou marchand de vin !) Ce qui ne l’a pas empêché d’être choisi  pour construire l’orgue de Chablis en 1880.

Ces principales réalisations sont : (pour l’Yonne et les départements voisins)

  • la reconstruction de l’orgue de la collégiale Saint-Lazare d’Avallon en 1853.
  • la construction des  orgues de Bouilly  et de Pont-Sainte-Marie (10) en 1854-1855.
  • la construction de l’orgue de Cruzy-le-Châtel en 1859.
  • la reconstruction de l’orgue d’Arcy-sur-Aube (10) en 1861.
  • La construction de l’orgue de Vitteaux (21) en 1868.
  • la reconstruction de l’orgue de Bar-sur Aube(10) en 1879 (construite par ses soins en 1853).
  • la construction de l’orgue de la collégiale Saint-Martin de Chablis en 1881.
  • la construction de l’orgue de chœur à l’église Saint-Pierre d’Auxerre en 1889                                                                               

Travaux exécutés autour des orgues en 1901 : les grandes portes qui tombaient de vétusté datant de 1750 ont été refaites sur le modèle des anciennes ; elles ont coûté 2733 frs et ont été payées par Mme Coissieu.
Le grand escalier également construit en 1750 comme l’indiquait une inscription retrouvée sur l’une des marches a été remplacé en pierre d’Annoux.  La tribune des orgues qui se trouve au-dessus était soutenue par 6 poutres massives en bois et 2 colonnes en fonte. Les poutres dépassaient l’entrée de l’église ; ces poutres ont été remplacées par des poutrelles en fer et les colonnes réunies par 2 autres colonnes ornées de chapiteaux et de consoles en fer forgé.  Ces modifications avaient été demandées par l’architecte des monuments historiques suite aux observations formulées lors de la réception des travaux de 1881.  Les travaux de la tribune ont coûté 1370 frs et ceux de l’escalier 695 frs payés par des dons particuliers.

Traités passés avec l’organiste :

Si l’on ne sait rien concernant les premières années, le 29 juin 1892, un traité est passé avec l’organiste:

Il lui est alloué un traitement de 360 frs par an.

Il sera tenu outre les fêtes et dimanches de jouer aux fêtes de Saint-Eloi et de Saint-Vincent. (Les dimanches de l’Avent et les 6 dimanches précédant Pâques exceptés).

Il lui sera alloué une somme de 10 frs lorsqu’il jouera pour un mariage ou pour un enterrement.

Il pourra prendre 1 mois de congé, pourvu que dans ce mois il ne se trouve aucune grande fête.

Le dimanche de l’ouverture de la chasse lui sera réservé.

Par souci d’économies, un nouveau traité est conclu le 23 avril 1893 avec les changements suivants :

Le salaire ne sera plus que de 250 frs.                                                

Sont exceptés 5 dimanches aux choix de l’organiste (en plus des dimanches de l’Avent et de Pâques).

Il pourra prendre à sa volonté 1 mois de vacances.

Si la fabrique se trouve dans la nécessité de le remercier il touchera une somme de 200 frs d’indemnités.

Le 5 avril 1899, sur l’insistance de l’abbé Bonneau, la rétribution allouée  à l’organiste repasse à 360 frs.

L’orgue de la collégiale Saint-Martin de Chablis est devenu par la loi du 9 décembre 1905 propriété de la commune de Chablis à la suite de la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle doit donc en principe comme tout bâtiment communal en assurer la conservation, l’entretien revenant à la paroisse.

On ne sait pas à quelle date les  souffleurs ont cessé leurs activités, sans doute dès que l’électricité  a été installée dans la collégiale, mais pas avant 1889, plutôt à partir de 1920, un ventilateur électrique  remplaçant un assistant actionnant le soufflet donnant le « vent » nécessaire au fonctionnement de l’orgue.

L’orgue à subi de nombreuses transformations et modifications (relevages) :

En 1893, la Maison Merklein effectue un relevage ;  l’orgue avait seulement 13 ans.

En 1959 les Etablissements Gutschenritter-Masset transforment l’orgue symphonique en néo-classique.

En 1975 Philippe Hartmann procède à une réharmonisation.

En1998-99 changement de 268 tuyaux, du prestant et du plein-jeu.                                                                                           

Parmi les quelques organistes ayant exercé leur art à Chablis  il faut citer Melle Delaplace dans les années 1930, Pierre Denis, pharmacien parisien venu se retirer à Maligny dans la maison de ses ancêtres, Alain Moreau, originaire de Chablis dans les années 60 à 2000 ainsi que plus récemment M. Gilbert Agnan de Maligny.

A l’initiative du Dr Pierre Maufoy de Chablis, aidé par quelques paroissiens, un grand nettoyage de l’orgue a été réalisé dans les années 1990. L’arrière du buffet fut isolé de l’oculus de la grande porte ;  en plein été les rayons du soleil couchant perturbant le bon accord de l’instrument.

Avec les membres du conseil paroissial, de quelques passionnés de musique et de patrimoine, le Dr Pierre Maufoy est à  l’origine de la création de l’association « les Amis de L’Orgue de Chablis» créée le 10 avril 1996 pour « sa sauvegarde et son éventuelle restauration.»

L’orgue est relevé en 2016 :

Plusieurs devis ont été demandés pour son relevage, les prix variant du simple au triple ; il fut même un temps envisagé de l’abandonner pour un orgue électronique moins onéreux !  En 2015 et 2016, sous l’impulsion des Amis de l’Orgue,  association, présidée actuellement par l’abbé Roger Fira, en collaboration avec la ville de Chablis et en partenariat avec la Fondation du Patrimoine une souscription publique a été ouverte. De nombreux chablisiens ont été généreux. La municipalité, propriétaire de l’orgue et maître d’oeuvre  donnant un dernier coup de pouce.

Parmi les principaux partenaires financiers, outre les nombreux domaines viticoles et les chablisiens, il faut remercier le Comité de la Saint-Vincent Tournante de Chablis 2011, le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (antenne de Chablis), le Crédit Agricole, les Amis de l’Orgue bien sûr qui depuis plusieurs années organisent des concerts afin de récolter des fonds ainsi que la Fondation du Patrimoine et la ville de Chablis.   

Sans la volonté des Amis de l’Orgue, celui-ci aurait finalement  servi  de décoration. Une partie du patrimoine chablisien vient ainsi d’être sauvegardé.

Mmes A.M. Fantin, E. Aubron, Mrs J.M. Costal, P. Walhen, D. et G. Cheval, G. Duplessis ont œuvré à la réussite de cette remarquable restauration.

Avant son démontage, des experts s’étaient penchés sur l’instrument :

Jean-Michel Lassauge (organiste titulaire des orgues de la cathédrale d’Auxerre)

Jean-Philippe Mesnier (conservatoire de musique d’Auxerre)

Etienne Jacquot (organiste titulaire de l’orgue de la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois)

Jean-Marie Meignien (organiste à Troyes et musicologue)

L’orgue a pu être relevé en 2016 par le maitre facteur d’orgues Hubert Brayé de Mortzwiller (68)

La remise de l’instrument en son état d’origine lui rendra sa capacité à jouer un large spectre de musique, depuis la musique ancienne des XVIe-XVIIIe siècles jusqu’aux compositions romantiques des XIXe-XXe siècles. Au dernier moment, un avenant au contrat ayant été décidé de restituer à l’orgue l’un des jeux d’origine dit « voix céleste ».

 Agé de 135 ans,  l’orgue de la collégiale Saint-Martin de Chablis fait maintenant figure de jeune homme…

Son dernier lifting aura coûté près de 56.000 euros hors taxes.

 

Jean-Paul Droin

Octobre 2016

Sources principales : archives municipales, documentation personnelle.

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